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Les articles : Ethologue - Ethologie - Loup
A quoi rêvent nos chiens? 07/03/2008 [Lu 2249 fois]
A quoi rêvent nos chiens ?
Copyright Joseph ORTEGA

Nous savons que le sommeil est une nécessité vitale pour la plupart des animaux, même si à l’état sauvage ce temps de repos se réduit souvent, dans un but de survie. Hors, qui dort doit rêver, c’est une obligation naturelle pour, par exemple, mémoriser les acquis de la journée. Tous les maîtres ont pu observer leur chien profondément endormi se mettre à pédaler dans le vide, à couiner, japper, remuer la queue, vivant leur rêve d’une manière intense, surtout après des stimuli émotionnels (sortie en ville), journée à la campagne, séance de travail dans un club, bagarre avec un autre chien, etc.)

Les étapes du sommeil :
Chez les vertébrés supérieurs le rêve est apparu en même temps que l’homéostasie (température interne constante dans le corps), donc tous les animaux à sang chaud rêvent.
On a classé les étapes du sommeil en fonction de la diminution progressive de l’amplitude des ondes cérébrales à l’enregistrement de l’électroencéphalogramme. Le sommeil a été divisé en deux phases physiologiques, la deuxième phase étant scindée en plusieurs stades.

1re phase :
C’est l’endormissement qualifié par les chercheurs de phase Amor, c’est – à – dire à mouvements oculaires rapides (les pupilles ayant d’abord des mouvements horizontaux de droite à gauche puis de haut en bas) facile à observer chez le chien.

2e phase :
Elle est nommée Smor (sans mouvements oculaires rapides) et est divisée en 4 stades :
-          Stade I : passage de l’état de veille au sommeil
-          Stade II : c’est le sommeil
-          Stade III et IV : c’est le sommeil profond ou stade delta (appelé ainsi car l’électroencéphalogramme enregistre des ondes lentes et amples : les ondes Delta).

Temps de sommeil :
Les variations sont importantes d’un animal à l’autre et si l’antilope, la baleine sont données comme exemple pour leur absence totale de sommeil, ce qui semble exagéré, l’éléphant dort 2 à 4 heures par jour, la girafe seulement 20 mn par périodes de 5 à 7 mn. C’est chez les animaux domestiques, débarrassés de la crainte des prédateurs et du souci de la chasse pour la survie, qu’on trouve les temps de sommeil les plus confortables, le plus connu est le chat qui dort 14 h sur 24 !

La fonction du sommeil :
La partie la plus importante pour la santé morale et physique de l’individu, c’est le sommeil paradoxal qui dure chez le chien 20% par rapport au sommeil total ce qui fait 6 mn toutes les demi – heures et 200 mn par jour.
Si l’on empêche de dormir d’une manière prolongée, des troubles pathologiques graves apparaissent, pouvant même entraîner la mort au bout de 2 semaines environ. C’était d’ailleurs un mode d’exécution en Chine ancienne. On connaît néanmoins, certains cas exceptionnels de personnes, ne dormant jamais, à la suite de traumatisme dus à la guerre.
Des expériences de privation du sommeil ont été faites chez les rats, pour cela équipés du casque de l’encéphalogramme, sur des zones à demi immergées. On s’est aperçu qu’ils parvenaient à dormir 10 à 15 secondes avant de tomber à l’eau. C’est le type même du sommeil flash qui vient compenser le déficit.
Le sommeil paradoxal joue un rôle essentiel dans les processus d’acquisition après apprentissage, c’est – à – dire pour mettre en mémoire. Les chiens qui apprennent beaucoup, en particulier les jeunes ont besoin de zones de repos calmes pour dormir. On sait par expérience que ceux qui sont privés de sommeil paradoxal apprennent et retiennent moins bien et que les grands dormeurs sont les plus doués en apprentissage.
Pendant le sommeil, il y a réorganisation cérébrale ainsi que de tout le système nerveux. C’est pendant cette période que l’hormone somatotrope de croissance est élaborée, qu’il y a fixation des minéraux par le corps, que les plaies se cicatrisent, que le corps est irrigué dans sa totalité, grâce à la position adoptée (en chien de fusil), etc.
On peut signaler qu’une molécule du sommeil a été découverte par l’équipe du professeur Schoenberger et qu’à Lyon, on a découvert une VIP (vasoactive intestinal peptide), peptide qui aurait la propriété de provoquer le sommeil.
Toutes ces activités nerveuses et musculaires, variation du rythme respiratoire ou de la fréquence cardiaque durant le sommeil sont évidemment influencées par la fatigue mentale ou physique, surtout d’ordre émotionnel mais également par les stimuli extérieurs.

Les manifestations du rêve :
L’influence des stimuli intérieurs ou extérieurs n’est pas à négliger : acoustiques, optiques, chimiques, mécaniques, olfactives, les pressions, la température, etc.
Le centre du rêve est dans le cerveau, il peut couper toutes les stimulations extérieures, surtout le bruit. Dans ce cas, les manifestations comportementales oniriques sont issues uniquement de l’expérience vécue avant l’endormissement. Pendant le sommeil, on assistera donc à des mouvements issus du répertoire habituel à l’état vigile : ce sont des aboiements, des mouvements des pattes qui simulent une course derrière un lapin ; c’est le mouvement des poils du museau (vibrisses), le froncement de la truffe avec des aspirations répétées qui simulent un pistage attentionné, les oreilles et la queue qui battent comme s’il démarrait un comportement ludique, etc.
Le professeur Michel Jouvet à Lyon a découvert que même l’animal, dont les voies du blocage locomoteur ont été sectionnées joue son rêve avec poursuite, attaque, défense, saut, etc.
Le rêve condense en fait en une seule opération, avec ou sans mouvements stéréotypés, une foule d’images et de désirs contradictoires, cela apparaît, nous l’avons déjà vu, chez le chien qui a été fortement sollicité, celui qui a fait sa première promenade en voiture, celui qui s’est rendu chez le vétérinaire pour être soigné, celui qui s’est fait agresser dans la rue...
Les psychanalystes ont parlé pour l’homme du rêve et de ses désirs symboliques, Jung, Siberer, Skerner, Freud ont attribué des sens à des symboles. Cela existe – t – il chez nos chiens ? A – t – il ses propres symboles et le rêve est – il une manière de condenser et de déplacer ses désirs cachés, refoulés par la pression hiérarchique ?

Dormir c’est s’exposer au danger :
Nous savons tous à quel point le chien est un animal sensible aux signes verbaux ou non verbaux et combien l’environnement joue un rôle sur son équilibre nerveux, alors quand on est inquiet, s’anéantir dans le sommeil, c’est très difficile.
Dans la nature, ses ancêtres ne peuvent dormir que par flash et encore, la plupart du temps, en se cachant et en disposant de guetteurs. Le chien domestique a conservé instinctivement l’habitude de rechercher un coin à l’abri, de tourner en rond pour tasser l’herbe symbolique et dépister un éventuel serpent, de se mettre en boule pour éviter la déperdition de chaleur, cela même dans l’appartement. De même que dans sa niche il a toujours la tête vers l’extérieur pour voir, dès les yeux ouverts, l’arrivée d’un danger.
Il y a aussi certaines caractéristiques d’individus, quelques – uns sont particulièrement sensibles et instables caractériellement, ou même de race, les Terriers par exemple ont des rêves plus agités que des Dogues.


Les troubles du sommeil :
Ils existent également chez le chien, mais demeurant néanmoins moins fréquents que chez son maître. Après avoir éliminé les causes liées à l’activité, aux habitudes de vie, à l’alimentation, aux divers stress extérieurs, on demandera au vétérinaire de rechercher une étiologie organique comme une affection cardiaque, enfin il ne restera plus qu’à évoquer l’étiologie psychologique signant une névrose ou une phobie obsessionnelle.
Il est possible que pour certains chiens très couvés, ayant peur de leur ombre, l’endormissement engendre une angoisse supplémentaire d’insécurité par perte des défenses vigiles.
Parmi les phénomènes anormaux qui se produisent au cours du sommeil, on peut citer les épilepsies morphéïques, les terreurs nocturnes qui dressent les poils et poussent le chien à aboyer ou à hurler sans raison apparente.
Parmi les cas exceptionnels, on peut citer la narcolepsie qui a été observée à plusieurs reprises chez les animaux vivant à l'état sauvage, c'est – à – dire que sous le coup d’une émotion l’individu s’endort brutalement ;  chiens, chacals, renards peuvent y être sujets, autant qu’un spécialiste de ce genre de coma comme le Tatou.
Un dernier point important en ce qui concerne le sommeil auquel le chien ne doit pas échapper, du moins nous l’imaginons, c’est que le rêve fait surgir le contenu de l’héritage archaïque, toute l’expérience des ancêtres visionnée et vécue en quelques secondes ou minutes (est – ce pour cette raison que le brave toutou se met tout à coup à hurler pendant son sommeil sur les mêmes intonations que son ancêtre lointain le loup ?). Alors, peut – être vivent – ils la rencontre avec notre espèce, il y a de cela plus de 15.000 ans?

 

Article publié dans la rubrique "La Psycho du Cyno" de la Revue "Chiens Sans Laisse" par Joseph

ORTEGA

 

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Photo : A quoi rêvent nos chiens?
Joseph Ortega
Nous savons que le sommeil est une nécessité vitale pour la plupart des animaux, même si à l’état sauvage ce temps de repos se réduit souvent, dans un but de survie. Hors, qui dort doit rêver, c’est une obligation naturelle pour, par exemple, mémoriser les acquis de la journée. suite de l'article:

http://www.ecole-de-chiot.fr//article.php?sid=2162&mode=&order=0















 
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