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Les articles : Races canines
Le Mâtin Napolitain "Mastino Napoletano" 22/01/2015 [Lu 324 fois]


Le Mâtin Napolitain "Mastino Napoletano"

                                                                                                             Le Mâtin Napolitain

J. ORTEGA


La tête d’un hippopotame, la démarche d’un ours, la noirceur du pelage. Un colosse qui peut faire 75 cm pour un poids de 70kg, cet ancien combattant des jeux du cirque a gardé les critères qui étaient retenus à l’époque pour cette fonction, c’est à dire la puissance et la solidité, par contre il a perdu sa férocité pour devenir un chien de compagnie agréable quoi qu’un peu encombrant.


Son histoire remonte au molosse d’Epire dont les habitants (Les Molosses) sélectionnaient des chiens, qu’on décrit généralement comme monstrueux et qui étaient utilisés pour la guerre. En 550 avant notre ère, le roi d’Epire offrit l’un de ses chiens à Cyrus, Roi des Perses pour qu’il combatte le lion et l’éléphant.


On le retrouve au IVe siècle avant notre ère, auprès d’Alexandre le Grand pour l’aider à conquérir le monde.


On pense qu’il parvint en Italie vers le 1e siècle où, très vite, il allait être utilisé à la garde. Un observateur de l’époque, Columelle, évoque un chien redoutable toujours choisi de couleur sombre, pour se confondre avec les ténèbres. Les jeux du cirque firent de lui le chien de combat idéal, contre les fauves ou les gladiateurs et il fut largement employé par les légions, comme chien de guerre semant la terreur dans les rangs des ennemis.


Cretimus Ducensis écrira : « on dresse ces Dogues à mordre l’ennemi avec fureur ; ils sont bardés de cuir, portant un vase d’airain rempli d’une substance résineuse et d’un éponge imbibée d’esprit de vin. Les chevaux harcelés par les morsures des chiens et par les brûlures de ce feu qui est très ardent, fuient en désordre »


Les riches Patriciens trouvèrent en lui un cerbère intraitable, pour protéger leurs riches demeures à la campagne, en particulier autour de Naples. Le terme « Mâtin » ou « Mastino » est utilisé en Italie dès 1200, il vient du latin Mausuetus (apprivoisé), Dante dira qu’il est utilisé pour poursuivre les voleurs : « Mastin agile à poursuivre les bandits » et en 1400 la description qu’en fait un écrivain Florentin, Soderini, est éloquente : « Il y a des Mâtins ayant la tête grande et grosse, dont le cou occupe la troisième partie de sa personne, grande et large gueule, les cils grands, les arcades poilues et frisées, les oreilles grandes et pendantes, les yeux rouges sont luisants et vivaces, les aboiements pénétrants et coléreux, poitrails larges et poilues ainsi que de larges épaules, le cou gros, les jointures des membres longues, les pieds et les ongles larges ». Pourtant, l’entretien de ces redoutables gardiens était onéreux et la race périclita, au point qu’elle faillit disparaître. Elle fut sauvé par les espagnols, venus d’Aragon, qui occupèrent le royaume de Naples, de 1442 à 1713. Ils avaient amenés avec eux les fameux « Perros de Presa » (chien de prise), des molosses également très robustes qu’ils croisèrent avec les quelques Mâtins qui demeuraient dans le Sud de l’Italie, pour la garde des Mastineria (fermes fortifiées). Les sujets produits trouvèrent diverses utilisations en dehors de la garde et on les vit employés, comme chiens de chasse pour le sanglier par l’aristocratie ou, comme chien de ronde par les milices privées chargées de protéger certains quartiers.


Lors des deux guerres mondiales la race risqua à nouveau de disparaître et on comprend, que dans les villes, un chien qui avale 1kg de viande par jour, n’était pas très indiqué lors des pénuries. Seuls quelques spécimens furent sauvés à la campagne et en 1946 lors de l’exposition canine de Naples, on ne vit seulement que huit sujets, mais qui firent sensation. Un écrivain, Pietro Scanziani, fut impressionné par les descriptions qu’on lui fit de la race. Il se rendit chez les propriétaires de ces chiens, et décida de faire tout ce qu’il pouvait pour la sauver. N’hésitant pas à acheter les plus représentatifs, il établit un chenil à Rome, afin de pratiquer une sélection rigoureuse à partir de 1949. Il devint rapidement le promoteur et l’expert de la race, rédigeant un standard et encourageant les éleveurs à se passionner pour l’améliorer. Il écrira pour décrire « Guaglione » un des étalons du moment : « C’était l’un des cent chiens que Paul Emile ramena à Rome pour son triomphe, c’était le grand chien de l’Epire, fils des Assyriens, neveu des Tibétains, c’était le Molosse ».


La Société canine Italienne, l’ENCI (Ente nazionale della cinofilia italiana) admit la race. Les années 70 furent le départ véritable du Mâtin Napolitain hors des frontières, vers les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique.


Les premiers sujets arrivèrent en France en 1973. le premier sujet a être inscrit au LOF cette année là fut « Caligela Della Presa » à Monsieur Averland, éleveur de Dogues de Bordeaux à Nantes. En 1978, on comptait déjà 52 naissances, et une section Mâtin Napolitain est ouverte par la Société des Amateurs de Dogues de Bordeaux. 82 en 1980, 131 en 1985, 300 en 1988, puis elle se stabilisa pour revenir, en 1994, à 269 naissances et en 1999, 303 seulement. La mode revenant à des molossoïdes plus légers, comme le Dogue Argentin qui est passé de manière fulgurante de 35 inscriptions au LOF, en 1994, à 890 en 1999 !


Son physique est très impressionnant avec une tête monstrueuse aux babines épaisses et lourdes, un cou massif avec une peau lâche formant des fanons (qui avaient au début, le rôle de protection contre les morsures). Un corps lourd et puissant, un peu plus long que haut, avec un poitrail large et ouvert. Son poil est dense et ras, très fin, on préfère généralement les couleurs comme le noir, le gris plomb, le gris avec parfois de petites marques blanches au poitrail. Il peut également être acajou avec de nombreuses nuances et être bringé. Sa démarche est celle d’un ours, lente et chaloupée, faisant rouler les épaules et les hanches. Ses originalités, par rapport à la famille des molosses, c’est que c’est le seul Dogue à qui l’on coupe les oreilles (presque complètement) et une partie de la queue (environ le tiers), c’est également le seul qui a la robe de couleur sombre.


La Mastino Napoletano n’est pas qu’une gueule et un corps de lutteur de foire, c’est un compagnon très agréable pour sa discrétion et l’assurance qui émane de sa personne. Il va de son pas majestueux, l’œil attentif, capable de détecter la moindre anomalie dans le monde qui l’entoure, ce qui en fait un excellent gardien. De son passé belliqueux, il a gardé le courage sans l’agressivité, ce qui lui permet d’utiliser sa force dissuasive plutôt que l’action.


Qui ne serait pas impressionné en voyant surgir dans le noir un tel individu ?


Ce calme apparent et cette maîtrise du corps peuvent être trompeur, car le Mâtin Napolitain, malgré son encombrement physique, est capable de réactions rapides s’il le désire. En famille il occupe sagement sa place, préférant demeurer à l’intérieur plutôt que dans le jardin. Malgré qu’il soit équipé pour vivre sous les intempéries sans problème. On ne négligera pas de mettre en place, depuis le plus jeune âge, la hiérarchie au maître avec les interdits qui vont avec, de manière à être tranquille pour plus tard.


Il est de tempérament un peu indépendant, mais il se soumet bien aux exercices que demande le maître, si on associe leur apprentissage avec de l’agréable. Surtout pas de méthodes coercitives qui ne feraient qu’aigrir son caractère et qui pourraient le rendre belliqueux sur le maître. On mettra l’accent sur la sociabilité avec les autres chiens tout le long de sa croissance, si on veut qu’à l’âge adulte il puisse côtoyer des congénères sans bagarre.


S’il est vrai qu’il n’attaque jamais sans provocation, tellement il est sûr de sa force, dans le cas où il serait pris à parti, il risquerait de devenir redoutable et alors comment maîtriser une telle masse lorsqu’elle est en colère ? En fait, on peut voir en lui, surtout chez le mâle, le comportement typique du vrai dominant chez les canidés.


Avec les enfants, il est très patient s’il a été élevé avec eux, on le verra supporter qu’on le chevauche comme un poney, qu’on le déguise en humain avec des habits, qu’on se couche sur lui pour s’endormir, qu’on vienne mettre les mains dans sa gamelle lorsqu’il mange. Il peut aussi faire le compagnon de jeu idéal, le grand costaud qui accepte de courir dans le jardin ou d’aller chercher la balle et la rapporter. Avec les étrangers qui viennent rendre visite, il est rarement agressif, sans pour cela faire la fête, en général il se contente de venir les identifier avant d’aller se recoucher de manière dédaigneuse. Si vous aimez vous faire remarquer, avec le Mâtin cela est certain, voir déambuler un quintal de muscles dans la rue, c’est impressionnant, surtout lorsqu’un tel monstre pose son regard tranquille sur les badauds comme s’il les tenait pour une quantité négligeable.


Si vous aimez les sports canins, il faut savoir que le Mâtin n’aura jamais l’influx nerveux et la rapidité d’action d’un chien de berger, même si pour sa corpulence il dispose d’une bonne énergie et d’une certaine souplesse. On le voit aborder l’agility avec un certain dédain, allant d’un obstacle à l’autre avec calme et patience, comme s’il désirait expliquer à son maître que s’il s’exécute c’est bien pour lui faire plaisir. Dans le programme de concours en obéissance, on ne le mobilisera pas longtemps et si on veut le voir travailler avec un certain entrain, il faudra à l’entraînement, continuellement l’attirer avec des motivations fortes comme la récompense ( à condition de ne pas lui donner sa gamelle avant les exercices).


Là où il se trouve le plus à l’aise, car c’est une fonction qui sollicite ses instincts les plus forts, c’est en pistage. En particulier en pistage utilitaire à la recherche de personnes disparues, car il a énormément de patience et peut doser ses efforts à sa convenance, tout en exerçant son flair pour suivre les molécules odorantes. On l’a vu utilisé également dans quelques pays, comme chien de sang à la recherche du grand gibier blessé ou, pour la quête du sanglier, mais il est vrai que son gabarit est un peu trop encombrant et on lui préfère des Dogues plus légers comme son cousin le Cane Corso.


Si vous ne désirez qu’un compagnon de promenade, il sera ravi de vous accompagner de sa démarche chaloupée, allant d’un pas égal sans courir et sans traîner, ravi de découvrir des choses nouvelles sans pour cela s’exciter comme beaucoup de races. En été il sera heureux de barboter dans l’eau pendant des heures, battant l’élément liquide de ses  pattes puissantes.


Sa santé peut être affectée par les problèmes inhérents aux très gros chiens. Tout d’abord il faut savoir que le Mâtin a une croissance délicate, si l’on considère qu’il pèse environ 300g à la naissance et qu’il aura multiplié ce poids par 250 fois, vers un an, d’autre part sa croissance va durer jusqu’à 2 ans, ce qui peut occasionner une malformation du squelette si l’on est pas vigilant. Il faut prendre garde au risque d’obésité précoce, qui mène souvent aux troubles osteo-articulaires. Ce qui signifie le choix de l’aliment adapté et la quantité parfaitement dosée. Ceux qui nourrissent en alimentation traditionnelle iront, à l’age adulte, jusqu’à lui donner 1 à 2kg de viande par jour, additionnée de riz , carottes, etc. mais de nos jours il vaut mieux avoir recours à l’alimentation industrielle, en particulier les aliments secs complets, ce qui correspond à environ 1kg par jour.


On aura la bonne idée de partager cette ration en deux ou trois fois, afin d’éviter la redoutable torsion d’estomac qui affecte les grands chiens. Il faudra faire des radiographies pour dépister la dysplasie coxo-fémorale qui peut s’avérer très handicapante. Certains sujets peuvent avoir des problèmes dus à leur peau abondante, avec des rides et des plis sur la tête. On peut voir quelquefois une affection des paupières, comme l’Ectropion (paupière éversée vers l’extérieur ou l’Entropion (paupière se recourbant vers l’intérieur).


Il conviendra aux maîtres qui disposent de temps, car il n’aime pas la solitude, et qui peuvent le sortir sans dommage, c’est-à-dire avec une certaine poigne pour pouvoir le diriger fermement mais en souplesse. Il faudra songer à l’encombrement et avoir un grand jardin clôturé où il pourra s’ébattre, ainsi qu’un véhicule adapté pour pouvoir le caser afin qu’il voyage confortablement, enfin il faut savoir que nourrir un tel animal exige un budget suffisant car il a un bon appétit.




 
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