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Les articles : Témoignage
LA TRANSHUMANCE 11/06/2015 [Lu 40 fois]



LA TRANSHUMANCE


Copyright Joseph ORTEGA


 


L’élevage ovin a toujours été d’un revenu fort appréciable. A l’approche de l’été l’herbe se fait rare dans les plaines, surtout dans les régions méditerranéennes où le soleil va tout brûler. C’est le moment pour les bêtes d’être conduites dans les montagnes pour qu’elles puissent y chercher l’herbe tendre qui renaît à la fonte des neiges. Le terme transhumance venant de l’espagnol Transhumar, du latin Trans « au delà », et humus « Terre ». En fait, une migration périodique en été, qui part s’établir dans les pacages de montagne.


 


Une évolution adaptée au progrès


Autrefois, c’était un véritable périple qu’allaient entreprendre bêtes et bergers.


On parle pour la première fois de bétail qui estive dans les Alpes du sud au XIIIe siècle. Elle va s’accélérer au Xve siècle.


Les troupeaux étaient immenses et les loups s’en donnaient à cœur joie pour s’emparer des agneaux ou des brebis égarées. Chaque transhumance était suivie de ces prédateurs intelligents et patients, et chiens et hommes avaient fort à faire pour s’en préserver. Les gens de la plaine se lamentaient, accusant les bergers de « descendre le loup des montagnes ». Une battue était organisée dans chaque village après le passage des troupeaux. A l’époque, le berger s’abstenait de compter ses bêtes car, disait-on, la dernière brebis dénombrée était dévorée par le loup (cette croyance venant du fait que dans un troupeau il y a toujours 1 brebis malade ou mal formé, qui traîne. Une proie toute désignée pour le loup). Il évaluait le nombre de bêtes en disant « environ tant » : uni cènt, ùni cènt cinquanto... (environ cent, environ cent cinquante...). Il faut dire que les troupeaux qui traversaient par exemple, la plaine d’Arles, pouvaient compter des compagnies allant jusqu'à vingt mille têtes.


Les chiens avaient alors des fonctions fort utiles, on pouvait voir à l’œuvre comme aujourd’hui, le chien de conduite : petit, vif, plein d’intelligence « toujours au galop, il va, il vient ». Le chien de garde était lui, fait pour la défense, c’étaient des chiens bâtis en force souvent à demi-sauvages capables de se mesurer aux loups et même aux ours. On le nommait  «chien de pargue » et il était équipé d’un collier de gros clous de cuivre pour monter la garde. On peut dire qu’il n’était pas pour autant dépourvu d’intelligence, sachant se poster près de la brebis en train d’agneler sur le parcours, en attendant le berger. Certains bergers de Provence avaient pour coutume de se réunir pour manger avec leurs chiens, le premier loup tué dans les montagnes. Le plat du loup, mariné à l’huile et au vinaigre assaisonné d’oignons, d’ail, de laurier et de clous de girofle. Les os étaient brisés et les bergers allaient les répandre avec quelques lambeaux de peau du prédateur, au quatre coins de leur pâturage, assurant la protection de leurs troupeau par ce rite de coercition.


 


Pierre Mégnin: « Jusqu’en 1893, même dans les expositions canines, on ne distinguait aucune race; les diverses appellations: chien de Brie, de Beauce, des Pyrénées, Picard, de la Crau, du Languedoc, des Ardennes, etc. n’avaient trait qu’à leur pays d’origine. »


 


Le troupeau connait bien ses bergers et ses chiens et il se soumet de bonne grâce aux ordres directionnels, comme les meneuses élevées au biberon par l'homme, qui entraînent les autres bêtes: "L'oil del pastre engrassa lo tropel" (la présence (l'oeil) d'un berger donne des brebis bien grasses). Ces brebis utilisées comme guides sont porteuses de sonnailles; dans les pays occitans on dit que lors du passage dans les drailles (chemins) qui mènent aux pâturages, la clape (sonnaille), dit: "On monte, on montera", celle des brebis répond "On redescendra", et celle des moutons "Peut-être...". Dans les Pyrénées la sonate aux montagnes sera composée des "Toupias", "Trucous" et "esquiros". Ces meneuses se reconnaissent également à la floque qui est en Provence une mèche tressée, dans le Languedoc la "Coutelade" (mèches longues intercalées, dans les Cévennes la boule de laine appelée "Rose" n'a qu'un rôle esthétique.


 


C'est quoi la transhumance?


 


Le principe de la transhumance est simple, à l’approche de l’été, lorsque les plaines sont rasées par les nombreuses bêtes et que le fourrage vient à manquer dans les pâturages, quelle que soit la région, il est temps de se diriger vers la montagne. Certaines régions humides ont la chance de pouvoir subvenir aux besoins des animaux et leurs moutons demeurent, comme on dit dans les Pyrénées « riveriegos », mais la plupart des autres régions sont obligées de transformer leurs bêtes en « transhumantes ». En 1782, environ 1 million de moutons se déplaçaient entre Arles et les Alpes par troupeaux de 10 000 à 40 000 bêtes, un périple d’un mois en moyenne.


Le cheminement se fait depuis des siècles par les mêmes chemins, les « canis ramaders », en longues colonnes bêlantes et tintinnabulantes (par les sonnailles ou « sonals »), jusqu’aux lieux de pâturage où le berger trouvera refuge dans une cabane assez rustique faites de pierres qu’on nomme « orrys », « jasses » ou « cayolars ».


Dans les Pyrénées, on pouvait voir un cycle de migration des vaches et des juments, avec en particulier, deux races bovines parfaitement adaptées : la race pyrénéenne du sud-ouest au pelage rouge froment et la race de Saint-Girons et d’Aure de couleur châtain. On pouvait également entendre toutes les sonnailles des brebis. Ces parcours longs et harassants étaient parcourus jusqu’aux estives par d’immenses troupeaux ou « ramades », surtout au début du 19e siècle. En 1916, on ne comptait pas moins de 2.370.000 moutons dans ces régions pyrénéennes, surtout sur le versant Nord. Le principe était toujours le même, lorsque les plaines sont rasées par ces nombreuses bêtes et que le fourrage vient à manquer dans les pâturages, il est temps de se diriger vers la montagne. Certaines régions humides avaient pourtant la chance de pouvoir subvenir aux besoins de leurs moutons qui demeuraient des « riveriegos ».


Le cheminement avait lieu toujours par les mêmes chemins, les « canis ramaders » en longue colonne bêlante et tintinnabulante ; jusqu’aux lieux de pâture en montagne où les bergers vont trouver refuge, dans des cabanes assez rustiques faites de pierres qu’on nomme « orys », « jasses » ou « cayolars ».


En 1786, les Mérinos espagnols arrivent en France. Un troupeau de 334 brebis, 42 béliers et 7 moutons conducteurs (meneurs) était généreusement octroyé par Charles III d’Espagne à Louis XVI. Il faut dire que jusque là l’Espagne détenait le monopole de la laine fine, qui menaçait celui du drap de qualité fait en France. La race du Mérinos se multiplia et Napoléon dira « l’Espagne a vingt-cinq millions de Mérinos, je veux que la France en ait cent millions ».


Pourtant le danger menaçait et bientôt d’autres pays allaient inonder le marché de laine vierge Woolmark grâce à l’immensité de leurs pâturages : L’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud... Le traité Franco-Anglais de 1860 allait garantir l’arrivée des laines venant des colonies britanniques, et ce fut la chute du cours de la laine.


De nos jours le mouton en France est élevé davantage pour sa viande dont le cours est en stagnation, d’autre part il faut constater la désertification des campagnes, l’industrialisation, la mise en culture. Les clôtures à moutons vont participer à la suppression des chiens, en particulier avec le modèle « Pampa » en provenance d’Amérique du Sud qui fut introduit par le Baron REILLE-SOULT.


L’union ovine sera créée en 1928, mais le cheptel Français en 1947 n’a déjà plus qu’un cheptel de 7.400.000 têtes.


 


La Transhumance aujourd’hui :


De nos jours, la coutume de la transhumance s’est perdue, sauf pour certains nostalgiques attachés aux traditions. Elle obéit à des règles ancestrales, dans toutes les régions où elle a encore lieu.


Tout commence en général par un rassemblement des bêtes qui appartiennent à plusieurs propriétaires. Les accords doivent être faits pour le prix de pension par bête et la location des herbages dans la montagne. Un bail va fixer le lieu et la date d’arrivée du troupeau dans les alpages : Montée entre le 25 Mai et le 8 Juin, arrivée en montagne le 24 Juin pour la Saint-Jean-Baptiste. Le retour se faisant en général vers le 8 Septembre.


Les brebis passent alors par la tonte électrique, sauf pour quelques-unes qui vont être décorées pour donner des notes colorées à la procession. On leur laisse alors des touffes de laine qu’on ornera de pompons. Certaines seront munies de colliers en bois de châtaignier ou de micocoulier, plus rigides que le cuir, qui portent des sonnailles en laiton avec des battants en os. « La clape de draille » dit en occitan « on monte, on montera », pour l’agneau, celle des brebis répond « on redescendra » et celle des gros moutons met la dernière note en ajoutant « Peut-être ... ».


On peut parler de ces 1.300 bovins, ces deux cents équins et ces quelques 4.000 ovins qui vont rejoindre chaque année à la date du 22 mai les estives de Payolle. Des pâturages qui s’étendent de l’Arbizon jusqu’au plateau de Payolle dans les Hautes-Pyrénées. Les bêtes, en provenance de plusieurs départements : Gers, Aude, Aveyron, etc. arrivent en camions avant d’entamer à pied la transhumance. Passant par le col de Bernadous au-dessus de Bagneres. Avant de séparer les troupeaux dans les estives, il y a attribution de prix et c’est la fête pour tous.


On retrouvera le même phénomène, entre la plaine du Pic Saint-loup et la vallée de la Dourbie. En général, le rassemblement a lieu vers la mi-juin et les brebis sont embellies de colliers peints de fleurs et d’animaux, qui portent des clochettes au son plus ou moins grave. Le passage a lieu dans les drailles centenaires par endroit et souvent très étroites (entre deux murets de pierre, par exemple) dans un concert assez pittoresque.


Dans la région de Marseille les éleveurs des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Var et du Gard font aujourd’hui la transhumance en camion jusque dans les Alpes ou en Savoie.


Au milieu des troupeaux qui séjournent en montagne, la coutume veut qu’on place quelques boucs qui auraient pour vocation de guider les autres bêtes, vers la plaine, dès les premières neiges.


Dans les Alpes de haute- Provence, ce sont surtout les chèvres qui sont au goût du jour et le département compte environ 13.000 chèvres, ce qui le situe en tête en ce qui concerne la production de fromages faits de leur lait.


 


Berger un métier


Autrefois, on pouvait le voir équipé de son grand chapeau et de son ample cape, portant la musette au côté avec quelques provisions et le fameux couteau, utilisé aussi bien pour manger que pour soigner les bêtes (du piétin, par exemple, qui est une maladie du pied du mouton). Les grosses provisions et le matériel de première nécessité étant transporté sur un âne qui suit le troupeau.


L'équipement du berger, en dehors du chien, c'était donc un bon vêtement chaud qui abrite de de la pluie ou du vent (cape, limousine), avec un chapeau à large bord contre les intempéries ou le soleil. Plus tard on vit apparaître le grand parapluie à baleines de bois pour ne pas attirer la foudre. Pour s'abriter il peut avoir une cabane sur roue tirée par des ânes ou des boeufs ou une cabane cercueil portée par des hommes. Il a avec lui le bâton si utile qui peut prendre plusieurs formes: houlette pour attraper le mouton récalcitrant, cuillère en fer pour projeter de la terre, fouet pour faire avancer le troupeau. Ce bâton de berger servait à la défense, à la conduite ou parfois de paratonnerre si on le plantait en terre par temps d'orage. Dans son matériel on trouve de quoi soigner le piétin (traumatisme du pied qui favorise l'infection, ou par carence alimentaire ou de zinc) des bêtes. On trouve donc de quoi soigner les bêtes mais également de quoi lire l'avenir ou jeter des sorts, car le berger à la réputation de connaître les bonnes et les mauvaises plantes.


Ils se recrutaient alors dans les foires, de mai à juin, pour l’estivages en montagne. Les propriétaires des troupeaux savaient qu’ils étaient libres, lorsque ceux-ci passaient la lanière de cuir de leur fouet derrière leur cou. A l’heure actuelle, les bergers peuvent se former dans des écoles avec des cours pratiques et théoriques (et des stages en exploitation). Le métier de berger requiert beaucoup d’expérience et comporte beaucoup de servitudes pour assurer la garde, la surveillance et l’entretien du troupeau.


Les centres de formation sont sous la dépendance du ministre de l’Agriculture et de l’Institut Technique de l’Elevage Ovin et Caprin (ITOVIC).


De nos jours, le métier à évolué et dans certains pays où les troupeaux sont importants, le berger mène le troupeau en moto de trial ou le surveille en ULM.


 


Les chiens de berger


Le chien à conservé de son ancêtre le loup l’instinct de rassembler les troupeaux pour mieux les manœuvrer et choisir une proie. Aujourd’hui il ne rassemble plus pour chasser mais pour aider son maître. L’origine des chiens de berger remonte probablement à l’âge du bronze 1900-1800 avant Jésus-Christ, époque où l’homme devient sédentaire et se livre à l’élevage. Les premiers chiens utilisés seraient originaires du Tibet ou des régions bordant la mer Caspienne.


Le chien est le lieutenant du berger, c’est aussi son compagnon et son complice. Il a appris très jeune à aimer les bêtes du troupeau en tétant les brebis par exemple (Période de l’imprégnation où il apprend à connaître les espèces avec qui il devra vivre). Tout chiot, il s’initie à son métier et au langage codé de son maître, il est quelquefois aidé en cela par un chien adulte qu’il s’empresse d’imiter. Un mot en patois, un coup de sifflet ou un simple geste et il comprend aussitôt quel ordre il doit exécuter.


En plaine, il travaille du 1er mai au 1er décembre, de 10 à 12 heures par jour, parcourant une moyenne de 50 à 100 km. L’hiver, il aidera son maître dans les bergeries, contenant les bêtes pendant le raffourage en les intimidant sans les effrayer. Le chien de berger à toujours un œil sur le troupeau et l’autre sur le berger. « Le chien d’écart » est capable d’initiatives intelligentes, il reste souvent isolé de l’autre côté du troupeau, maintenant les bêtes par d’incessantes diagonales. Le « chien de pied » est soit un animal en formation ou moins doué que le précédent, il reste à proximité du maître et intervient sur ordre, en général pour ramener les brebis égarées, revenant aussitôt près du berger.


Lors de leur création les chiens de berger ont été très spécialisés, chaque race répondant à un biotope spécifique. Par exemple, le Berger des Pyrénées (dont la race était même subdivisée en variétés selon la vallée), pour la montagne. Les chiens de plaine, comme le Berger de la Beauce ou de la Brie. Certaines races régionales ont été amenées à disparaître progressivement, on peut parler du Berger du Languedoc ou du Berger des Alpes.


Body-Guard pour brebis


 


Les chiens de protection de troupeau


Ils ne sont pas près d’être au chômage. Autrefois ils préservaient des attaques des prédateurs comme le loup ou l’ours, à l’heure actuelle il est utilisé contre les chiens errants qui sont de plus en plus nombreux.


Il s’agit de chiens très puissants avec un fort gabarit et une fourrure épaisse et résistante aux intempéries. La première condition pour qu’il soit employé, c’est sa passivité envers les brebis (ce qui est facilement obtenu depuis des siècles en faisant allaiter les chiots par des brebis au moment de la période d’imprégnation, dès la 3e semaine). Il faut également qu’il possède l’instinct de garde pour avoir le courage de dissuader les attaques des congénères, par son attitude défensive et au besoin, par l’agression.


En France, on utilise le Montagne des Pyrénées, en Espagne, le Mâtin des Pyrénées et le Mâtin espagnol, en Italie, le Maremmano, en Hongrie, le Kuvasz et le Komondor, en Russie, le Berger du Caucase et le chien d’Oural, en Yougoslavie, le Sarplaninac.


 


Petit lexique de la transhumance (peut varier d’une région à l’autre) :


- Sonals, Dralhaus, Redon, Clape, Pique : noms de cloches


- Draille : chemin qui mène à la montagne lors de la transhumance (du Franco-Provençal : Draya)


- Estive : lieu où le troupeau passe l’été


- Menou : mouton qui mène le troupeau


- Cadelh : petit chien


- Gralho : repas


- Tanquent : s’immobilisent


- Chourrent : mangent


 


POUR EN SAVOIR PLUS?, VOIR LE LIVRE DE Joseph ORTEGA, dans ce site: "LE LOUP REVIENT-CHIENS DE PROTECTION TROUPEAUX"




 
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