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Les articles : La méthode naturelle
La communication avec son chien en éducation 08/01/2016



La communication avec son chien en éducation


Copyright Joseph Ortéga


 


« Ce n’est pas tant ce que les gens ignorent qui cause des problèmes, c’est tout ce qu’ils savent et qui n’est pas vrai »


 


La communication c’est la capacité d’émettre et de recevoir des signaux de manière efficace. Il y a le verbal, le para-verbal et le non verbal.


L’éthologie sert à décrire et à comprendre les comportements d’une espèce. Du fait de sa longue cohabitation avec l’humain, les signaux du chien peuvent devenir interspécifiques et être un moyen de communiquer entre eux. La méthode naturelle est une philosophie qui permet d’avoir un autre regard sur l’animal.


Nous avons pendant longtemps, mieux étudié les espèces exotiques et souvent peu connue, que le chien, qui est un compagnon de tous les jours depuis près de 100 000 ans.


Il faut le percevoir tel qu’il est et non tel qu’on l’imagine, avec sa réalité génétique, physiologique, cognitive, relationnelle.


La question qui reste posée c’est, pourquoi avons-nous choisi le chien, ou pourquoi nous a-t-il choisis ?


En fait nous passons par les mêmes stades que lui en tant que mammifère et ressentons les mêmes choses.


 


Le toucher de communication


Un sens important pour reconnaître l’environnement et établir un contact profond. Une communication silencieuse si on sait identifier l’émission du signal et l’interpréter. Par exemple, pour sentir et communiquer une charge émotionnelle.


Il est important que la mère soit caressée pendant sa grossesse pour que les futurs chiots soient émotionnellement stables. Une mère traumatisée psychologiquement ou physiquement engendrera des futurs chiens à problèmes. A la naissance les caresses des humains et celles de la mère (léchage) doivent continuer pour faire des chiens mieux résistants aux maladies et au stress.


Le départ dans la vie, c’est le passage du ventre de la mère au contact étroit avec celui-ci, à l’extérieur, avec association d’agréable grâce à la mamelle nourricière. Cette phase est nommée « période sensible », elle dure de 2 semaines de vie à environ 3 mois chez le chiot. Comme chez l’humain ce contact est profond et se prolonge, ce qui n’est pas le cas de toutes les espèces (le caneton s’attache à la mère entre la 13ème et la 16ème heure). Cette reconnaissance de l’autre est mutuelle, la mère doit pouvoir être au contact et sait reconnaître ses petits (chez la chèvre il faut au moins 5 minutes de contact avec le chevreau dans l’heure qui suit la naissance).


Toute carence de contact peut mener chez l’humain comme chez le chien à un manque qui persistera toute la vie. L’éveil sensoriel stimule le développement physique, intellectuel (cognitif), émotionnel et social et forme les bases psychomotrices pour les futurs apprentissages.


Chez l’humain le toucher est un ressenti archaïque, le toucher c’est l’origine animale avec le contact de nécessité contre le froid, pour l’épouillage, la communication qui a précédé le langage élaboré. Chez l’enfant ce contact est une obligation pour le développement et pour survivre par la succion du lait. A la puberté le toucher devient tabou et ne va intervenir que dans les échanges à connotation sexuelle, une civilisation du non-toucher. On ne le retrouvera que dans des substituts comme les massages ou dans des contacts sociaux comme serrer la main pour saluer.


Heureusement, si on a l’impression d’être ridicules et si on éprouve une gêne avec les humains, avec le chien il en va autrement, même si certains maîtres ne savent pas communiquer réellement avec leur animal. On parvient ainsi à communiquer par des rituels qui vont progressivement s’instaurer dans les deux sens, le chien qui pose sa tête sur les genoux du maître ou qui se couche sur le dos sera systématiquement caressé. Si le chien exécute correctement l’exercice demandé, la caresse renforce l’apprentissage, par contre s’il craint quelque chose et qu’on le caresse pour l’apaiser on augmente son stress car on lui démontre que l’on est anxieux (en langage canin).


 


L’éducation ne doit pas être anxiogène


 


L’objectif d’une bonne communication, c’est d’apprendre la maîtrise de soi et le contrôle par le maître, hors le stress ne permet pas cela. La plupart des problèmes de comportement sont imputables à une mauvaise communication entre le chien et son maître. Selon l’approche systémique mise en évidence par l’école de Palo Alto aux USA dès les années 50, l’étude des comportements déviants doit englober l’animal et sa famille humaine. Il n’y a pas de hiérarchie ou celle-ci est ambivalente, l’animal est pris à la suite de celui qui est décédé et idéalisé (on va sans cesse faire des comparaisons), on va humaniser l’animal jusqu’à en faire un substitut d’enfant et lui prêter des goûts et des sentiments humains (lieu de couchage, nourriture, friandises, sexualité), les situations où on le place sont incorrectes, on ne respecte pas son champ d’isolement, les ordres et les gestes sont ambiguës (les messages sont anxiogènes)…


Pour commencer, la hiérarchisation, la dominance naturelle qui permet de gérer et de diriger ne se prend pas par la force comme certains le croient, elle se démontre dans des petits gestes quotidiens, des interdits, comme manger avant lui, lui refuser certaines zones, faire patienter avant de nourrir, etc. Si l’autorité est librement consentie, on a la stabilité du groupe et même plus, la capacité d’écoute. Il n’obéit pas pour éviter une souffrance mais par la reconnaissance d’une supériorité naturelle. Chez les canidés, un bon leader sait contrôler les autres, uniquement par sa « présence » (observer les loups).


Si le chien s’excite et mordille, on ne le secoue pas par le cou, on pousse un cri, on s’immobilise, on démontre son calme.


Si le chien refuse de revenir au rappel, on ne lui court pas après en hurlant, et s’il se décide à revenir on le caresse et on le récompense (même si on a envie de l’étrangler), ensuite on ne lui met pas la laisse.


A la marche au pied au lieu de s’énerver, de crier, d’envoyer des secousses sur la laisse, on va lui donner envie de rester en récompensant sa présence.


 Pour en savoir plus, voir livres et stages de Joseph ORTEGA dans son site!






 
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