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Les articles : Ethologue - Ethologie - Loup
Evolution des conceptions générales de l'éducation canine 20/07/2007 [Lu 687 fois]
Conférence donnée pour la Société d'ethnozootechnie( Président: Professeur Denis)


EVOLUTION DES CONCEPTIONS GENERALES DE L’EDUCATION DU CHIEN

J. ORTEGA

Mots-clés : Domestication du loup. Imprégnation et Socialisation. Sélection sur l’utilité. Le Dressage. La Méthode Naturelle et l’Ecole des chiots. L’éducation éthologique dans le respect de l’animal.

Résumé : « Evolution des conceptions générales de l'éducation du chien. »

Le loup s'est transformé en chien, l'homme a sélectionné sur des critères utilitaires. L'élaboration des races a lieu au 18e siècle seulement. Le dressage des chiens débute par une orientation pour la garde et le défense, les méthodes sont basées sur la contrainte. L'éducation éthologique dans le respect du chien (Ecole du chiot et Méthode Naturelle) prévaut aujourd'hui, le chien devient un compagnon de jeu bien intégré dans notre société.

Summary: “The evolution of general concepts of the education of the dog”

The Wolf was transformed into a dog. The elaboration of breeds only took place in the 18th century. Training of dogs started with an orientation towards guarding and defence work. Methods were based on constraint. The ethological method of dog training ( Puppy School and the Natural Method) now prevails. The dog become a playmate, well integrated in our society.

« Tel maître, tel chien. Fais en sorte de ne pas avoir à rougir de ton chien »

Abel LURKIN.

I – INTRODUCTION

L’homme et le chien, c’est une très longue histoire, le loup s’est transformé en compagnon de tous les instants.

L’homme est un animal qui se transforme et qui transforme les autres.

Cette cohabitation de plusieurs milliers d’années a exigé nécessairement que l’animal évolue avec l’humain et qu’il se plie à ses exigences. La sélection était basée au départ presque essentiellement sur des caractères d’utilité, les sujets ne répondant pas aux critères étaient inexorablement éliminés. Les méthodes de dressage étaient très dures et laissaient peu de place à la communication, l’animal doit exécuter ou disparaître. Il faut dire que le cheptel canin était constitué de bâtards n’ayant aucune valeur marchande, se reproduisant de manière anarchique dans les fermes ou autour des villes, quelques chiens de race seulement ont alors le privilège de vivre chez les aristocrates et les grands bourgeois.

Dans les études sur le comportement ce n’est pas mieux avec PAVLOV, qui réduit celui-ci à des réflexes ou, avec DESCARTES, qui considère l’animal comme une mécanique.

Ces conceptions vont évoluer grâce à l’éthologie ou en connaissant mieux l’animal, on apprendra à mieux l’éduquer tout en le respectant. L’homme trouve en lui non plus un outil mais un camarade de jeu avec qui il peut se distraire, l’éducation devient un plaisir à la portée de tous. Une relation forte qui s’établit à l’Ecole du chiot, la maternelle des chiens, et se perpétue dans des activités sportives ludiques par la Méthode Naturelle.

II – TOUT A COMMENCE, IL Y A TRES, TRES, LONGTEMPS...

Si la domestication c’est détourner un animal de son milieu pour en tirer le meilleur profit, celle du loup en est un exemple presque unique. Il est probable que celle-ci s’est réalisée en divers points du globe à l’époque des chasseurs- cueilleurs vivants en nomade, grâce au phénomène de l’imprégnation mis en évidence par K. LORENZ. Le louveteau élevé par l’homme, nourri par les enfants et allaité par les femmes, a considéré celui-ci comme une espèce amie. Il faut dire que la structure familiale de clan du loup était la même que celle des humains de l’époque avec une hiérarchie, la coopération du groupe, l’élevage des jeunes, les mêmes techniques de prédation sur les mêmes gibiers...

La docilité innée, l’aptitude à apprendre dans la meute (jusqu’à 3 ans), les services qu’il pouvait rendre en prévenant de l’approche d’un prédateur ou en poursuivant une antilope blessée par une sagaie, ont fait du loup un auxiliaire précieux pour la survie (Il est possible qu’en période de disette il soit devenu un animal de boucherie dans les tribus où il n’était pas considéré comme totémique).

La sélection se faisait déjà sur l’utilité et la malléabilité, les tarés et les agressifs étaient éliminés, ensuite c’est la pression de sélection exercée par l’homme qui a fait le reste.

LE LOUP UNE ORIGINE ATTESTEE

SCOTT, 1968 : Le chien vient du loup d’Asie Orientale, même les loups américains.

Peter SAVOLAINEN(Institut Royal de technologie de Stockholm) : Sur une étude de 654 chiens et loups gris d’Asie, Europe, Afrique, on retrouve un patrimoine génétique commun (95% de leur séquences)

Carlés VILA(Université de Californie-Université d’Uppsala en Suède) : par la génétique il élimine le Chacal et le Coyote comme ancêtre potentiel. Il reste le Loup qui aurait été apprivoisé il y a 135OOO ans.

La véritable domestication a débuté avec la sédentarisation au Néolithique.

AGRICULTURE-DOMESTICATION-SELECTION


III- DES TRACES DE L’UTILISATION DANS L’ANTIQUITE

C’est dans le premier livre connu, le CHOU KING, datant du XXVI siècle avant notre ère que l’on trouve les premiers conseils d’utilisation du chien.

Dans l’antiquité le chien sera sélectionné en fonction du biotope dans lequel il vit et de sa fonction, tant d’un point de vue physique que psychique. Le chien de poursuite en plaine deviendra le lévrier, le chien de montagne le dogue (Tibet) .Au XIIIéme siècle avant notre ère sur des bas-reliefs et des terres cuites, des molosses sont représentés en situation de travail (Ninive-Babylone). Le molosse (Épire) pour la garde, l’Agasséen (Bretagne) pour la chasse et la piste, le laconien (sparte) pour la chasse, le vertragus (gaule) pour la chasse, le Mélitéen (mélita) pour la compagnie. On trouve des bergers : Arcadiens,Dardaniens, Cydoniens. On lui donne un rôle d’animal psychopompe (qui accompagne les âmes des morts) comme ANUBIS en Egypte.

Celui de guérisseur : Esculape dieu de la médecine gréco-romaine est accompagné d’un chien, comme plus tard SAINT ROCH guérisseur des maladies contagieuses.

Son rôle est résumé par Diogéne LAERCE, à qui on demande pourquoi il se fait appelé « chien » : « Parce que je caresse ceux qui me donnent, j’aboie contre ceux qui ne me donnent pas, et je mords ceux qui sont méchants ».

Le dressage est simple, il se réalise en général en mettant un jeune chien avec des adultes confirmés, ceux qui ne correspondent pas aux critères recherchés sont éliminés. On emploie la même technique pour le chien de chasse ou pour le chien de guerre, le chien de chasse sera créancé sur l’odeur d’un gibier particulier en entravant celui-ci afin qu’il l’achève ; le chien de guerre pourra s’exercer sur des ennemis capturés et incapables de se défendre.

IV- LES PREMIERS LIVRES DE DRESSAGE

Le plus connu est celui de Gaston FEBUS. Le livre de la chasse. Rédigé dans son château d’Orthez dès 1387, le plus ancien est « les livres du Roy Modus et de la reine Ratio de Henri de Ferrières écrit en 1360. Le plus complet est celui de Jacques du Fouilloux « la Vénerie et l’adolescence » publié en 1561.

A L’époque on croyait que les produits de l’union entre loup et chien étaient très féroces, on les appelait CROCOTTE ou LYSISIUS, mais les chasseurs l’ont toujours fait pour avoir des animaux très résistants pour la chasse à courre.

Gaston Fébus sélectionne sur les qualités et les défauts, selon l’origine génétique, le milieu géographique et le signe astrologique.

Selon du Fouilloux :

Les chiots sont nourris jusqu’à l’âge de 6 mois avec du lait de chèvre ou de vache mêlé à du pain, c’est la première phase du dressage.

La seconde, c’est que vers 16 mois on doit les conduire aux champs pour flairer les traces de gibier.

La troisième enfin, c’est de les mettre à la chasse avec les chiens plus âgés.

Fébus recommande de traîner la tête de l’animal et de faire le dressage à la curée. Les valets sont munis de verges solides, à l’ordre « TIELAU » ils laissent manger les chiens. De temps à autre ils stoppent leur repas par des coups puis les encouragent à nouveau à manger.

Pour Gaston Fébus les chiens doivent apprendre les ordres suivants : « se coucher, se lever, saisir ou lâcher une proie, manger, aboyer ou se taire, avancer ou reculer, être en confiance, en amour ou en crainte ».

Parmi ces chiens on trouve le lévrier, le chien couchant ou chien d’oysel, le Matin ou Alan qui peut être : Alan vautre (spécialiste du sanglier « vautré »)

Alan Gentil (chien de race qui vit souvent avec le maître)

Alan de Boucherie (chien de boucher)

Le dressage d’une meute est particulier, chez eux la socialisation aux autres chiens est plus forte que celle s’adressant aux humains. La meute constitue une entité qu’il faut pouvoir mater aux moments où les instincts sont les plus forts, les plus timides suivants les plus entreprenants.

V – LE CHIEN EST RECONNU COMME UNE ESPECE, LA SCIENCE S’INTERESSE A LUI

En 1758 LINNE le considère comme une espèce : Canis familiaris(de nos jours,Canis lupus familiaris.) En 1897 le comte de Bylandt recensait 274 races.

René DESCARTES (1596-1650) estime qu’il s’agit d’une mécanique : « le monde est un univers mécanique ou tout être vivant fonctionne comme une machine ».
Georges Louis de Buffon (1839) écrit des propos flatteurs sur le chien mais également ceci : « Nous ne pouvons pas douter que le principe de détermination du mouvement ne soit dans l’animal un effet purement mécanique, et absolument dépendant de son organisation (discours sur la nature des animaux)

Pour le physiologiste Jacques LOEB (1859-1924) les êtres vivants sont des machines qui réagissent à des signaux. Le premier naturaliste, Charles Georges LEROY (1723-1789) aura des propos en avance sur son temps en prônant l’étude des animaux dans leur milieu naturel.

PAVLOV (1849-1936) va faire ses études dans des tours de silence, en enfermant le chien dans des camisoles de force il parvient à la théorie des réflexes conditionnés. D’autres vont continuer ces études en laboratoire, les Behavioristes : Watson, Skinner vont utiliser surtout le rat blanc. L’individu agit sur le milieu. C’est le milieu qui modèle l’individu, les instincts n’existent pas. Skinner ignorait l’éthologie du rat dans la nature. Il ne savait pas que le plus âgé goûte et que les autres observent les conséquences, d’où l’inefficacité des pesticides à l’arsenic de l’époque.

Le philosophe anglais Bertrand RUSSELL (1872-1970) va leur infliger un camouflet en disant que le comportement des animaux d’expérience est empreint des caractéristiques socioculturelles des chercheurs. Enfin Konrad LORENZ, né en 1903, il est docteur en médecine et considère le comportement animal comme un divertissement qui demande observation et intuition. Il élabore le principe de l’imprégnation en 1930, on peut le considérer avec son ami Niko TIMBERGEN comme les pères de l’éthologie moderne.

L’éthologie cognitive et l’apprentissage cognitif vont être mis en évidence par Donald GRIFFIN. La cognition étant un processus par lequel un organisme acquiert la conscience des évènements de son environnement .On peut parler de cognition ou d’intelligence lorsque le sujet se représente un événement ou un objet.

Dans la nouvelle vision de l’animal, on peut citer le Dr RUPERT SHELDREKE, Dr en sciences naturelles à l’université de Cambridge et sa théorie des champs morphiques. Selon celle-ci il existerait un lien privilégié affectif et spirituel, entre certains animaux et leurs maîtres. S’agit-il de télépathie ? Selon une étude réalisée en Angleterre et aux Etats-Unis, 45% des propriétaires de chiens pensent que leur animal communique avec eux.

Selon Brian HARE (Université de Californie) Le chien comprend mieux les signaux humains

Que les loups ou les chimpanzés.

VI – LES DEBUTS DE LA CYNOPHILIE

On peut dire que tout a réellement commencé au 18ème siècle, avec l’organisation de l’élevage et de la sélection qui allait mener à la création de la plupart des races.
Selon CRUZ (I995), le concept de race canine est une invention de moins de 2OO ans. A cette époque, il s’agit surtout de chiens voués à la chasse sous toutes ses formes ainsi que de chiens de bergers.

Les chiens de berger

« Ces chiens qu’on nomme chiens de berger pour garder les troupeaux et les défendre contre les bêtes sauvages et les larcins des hommes » G. FEBUS

Leur rôle pendant longtemps c’était de garder le troupeau, il s’agissait de chiens solides munis de colliers à pointes extérieures qui donnaient l’avantage en cas de combat contre les loups.

Progressivement on va lui adjoindre un chien de format moyen, rapide et endurant,qui sera chargé de la conduite du troupeau « sa charge est de faire obéir les bêtes par sa voix et ses mouvements combinés et non par ses morsures » l’abbé ROZIER (1809).

Le dressage se fait en mettant les jeunes au travail avec les anciens. Certains bergers ont une méthode plus rapide qui consiste à attacher le chiot au chien adulte, après avoir été traîné dans les ronces et les cailloux le jeune chien sera attentif au moindre geste du maître pour éviter la douleur. Après quelques temps à ce régime, la corde sera coupée. Lorsque le chien a la dent dure et risque d’abîmer les gigots, on les lui casse ou on lui lime les crocs.

Jusqu’en 1893 on ne distinguait aucune race particulièrement et selon Pierre MEGNIN « les diverses appellations : chiens de Brie, de Beauce, des Pyrénées, Picard, de la Crau, du Languedoc, des Ardennes, etc., n’avait trait qu’à leur lieu d’origine ».

Le chien de chasse

Si l’on prend l’exemple du lévrier. En Grande Bretagne le coursing sur lièvre avec ses règles existait depuis 1570.

- 1776 création de clubs

- 1836 Waterloo Cup

- 1858 National Coursing Club

- 1845 les whippets sont utilisés par couple pour les courses sur lapin

- 1870 les courses se font à l’appel du maître sur 200 yards (180 m)

- 1925 le lièvre mécanique est inventé par O.P. SMITH (USA)

- 1844 en France une loi interdit de chasser avec des lévriers

- 1910 le Greyhound Club de France est créé

- 1927 les courses existent sur lièvre mécanique mais le Pari Mutuel ne sera officiel qu’en 1937.

Le dressage est très simple puisqu’il s’agit de sublimer l’instinct de proie qui a été cultivé par la sélection depuis toujours (Sloughi, Azawakh, Saluki)

La Société Centrale Canine

Par autorisation de Monsieur Andrieux, Préfet de Police, le 30 juin 1880, le cercle de la chasse est autorisé à fonder « une société centrale pour l’amélioration des races de chiens ». Un comité pour l’exposition de Paris fut nommé pour 3 ans (1882 à 1885) avec à se tête le Marquis de Nicolay. La cotisation est de 60 francs pour les fondateurs et 30 francs pour les souscripteurs.

En 1884, la société usant de la faculté de l’article 12 de ses statuts se transforme en Société Centrale pour l’amélioration des races canines.

En 1885 c’est la création du Livre des Origines Français (L.O.F.), à cette date prend fin le stud-Book continental établi par M. CREMIERE, éditeur du journal « le chenil ».

En 1888, les premiers Fields trials sont organisés par la S.C. à Esclimont, chasse du Duc de la Rochefoucault.




Le dressage du chien de défense et de police

C’est la mise au chômage comme chien de berger et de bouvier qui a entraîné leur orientation comme chiens de service dans la police et dans l’armée avec la création d’épreuves utilitaires qui allaient progressivement se transformer en compétition sportive. On retrouve deux grands pays cynophiles à l’origine des clubs de dressage que nous connaissons aujourd’hui : l’Allemagne et la Belgique.

- En Allemagne

En 1880 c’est l’époque de la révolution industrielle, les chiens de bergers ainsi que les bouviers (comme le Rottweiler qui né en 1892) sont de moins en moins employés, les troupeaux voyagent par chemin de fer, ils sont condamnés à disparaître. Les chiens de bergers sont assez variés, selon le lieu ou ils sont employés, dès 1877 des éleveurs tentent d’homogénéiser la sélection mais au lieu de créer plusieurs races comme en France, ils veulent une seule race qui serait la synthèse des qualités recherchées, d’où la création du Berger Allemand. Celui qui mena cette sélection d’une main de maître fut le capitaine Von Stephanitz et à la veille de la première guerre mondiale en 1914, le club de race comptait 6 000 inscriptions, il décrit ainsi Horand von Grafath, le sujet qui servit de modèle (né en 1895) : « jamais fatigué, toujours en mouvement, bien disposé envers les étrangers inoffensifs, jamais soumis, joyeux avec les enfants ».

A la guerre,

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le premier emploi n’est pas celui de chien de garde mais de chien sanitaire, c’est à dire la recherche des blessés.

En 1912, le Capitaine Van Der Leyen va rédiger « Instruction pour le traitement, le dressage et l’emploi du chien de guerre », c’est lui qui organisera les premières démonstrations < dans les conditions les plus proches de la guerre » afin de démontrer l’utilité du chien pour la garde ou le sauvetage.

Selon Stéphanitz : « l’adaptation au but doit passer avant la beauté. Et mieux encore, la vraie beauté de chien d’utilité réside dans une entière adaptation au but >

En Belgique

C’est à Malines que tout commence grâce à Louis Huyguebaert qui organise les épreuves « pour conserver et perfectionner les aptitudes spéciales d’intelligence et d’activité qui caractérisent la race des berges Belges et en particulier les chiens Campinois des environs de Malines, encore appelés, chien du Brabant ».

Le 20 mai 1899 à lieu le premier concours mondial d’épreuves de dressage. En juillet 1905 un certificat de championnat sera attribué à ces épreuves.

Au début ces épreuves sont très sportives avec des sauts impressionnants, il n’y a pas de mordant, le chien doit saisir les jambes de « l’apache » ou « malfaiteur ». Un costume fait de cuir et de toile d’avion va être inventé par M. SEMAL pour que les chiens puissent mordre.

Le premier championnat du monde de dressage de chien aura lieu, il sera remporté pendant 3 ans (1909-1910-1911) par Jules, un Groenendal. Ce programme sera à l’origine du Ring Français ou Belge.

International

Le premier championnat d’Europe reconnu par la F.C.I. aura lieu en 1954 à Varèse en Italie. Ces épreuves R.C.I. (Règlement Concours Internationaux) seront calquées sur le programme allemand « Schutzhund » et devront mettre en évidence les qualités de flair (pistage), d’obéissance et de sociabilité (obéissance), de courage et de mordant sportif (mordant).

Evolution des conceptions générales du dressage

Au début, comme l’annonce les programmes de travail et les clubs d’amateurs (1906 en Belgique, 1908 en France à Lille) il s’agit de dressage pour chiens de défense certes, mais il doit être capable de défendre son maître dans la rue et il a la même éducation que les véritables chiens de police ou de gendarmerie. Les chiens sont élevés à la dure et sont endurcis par les méthodes employées, des chiens peu sensibles qui supportent la douleur et se défoulent dans le mordant, les cessations d’attaque se font au collier à pointes aiguisées ou au gourdin, les sauts par pendaison avec l’étrangleur ou en mettant du fil de fer barbelé sur la haie, l’obéissance par force (rapport d’objet). La sociabilité aux chiens ou aux gens n’est pas travaillée si elle ne figure pas au programme de concours.

De nos jours, même si quelques conducteurs arriérés

(Appelés à disparaître) continent à employer ce type de méthode, les chiens ont longuement évolués, on ne parle plus d’attaque mais de « mordant sportif » et la sociabilité devient le critère de base avant toute éducation (certificat de socialisation et d’aptitudes à l’utilisation). Les clubs, sur les conseils de la S.C.C. ont fait disparaître de leur titre « chien de défense » « chien de police » « chien d’attaque » « chien de garde ». Les méthodes s’assouplissent...



Le dressage de Fram Colonel DOMMANGET 1910

L’ère du chien

Seuls les chiens sociables et bien éduqués sont aimés de tous.

Les rapports avec le chien en situation d’éducation ont largement évolués, il n’est plus un esclave soumis mais un complice de jeu.

« Si tu parles aux animaux, ils te répondront, et vous vous connaîtrez mutuellement. Si vous ne parlez pas, vous n’apprendrez pas à vous connaître, et vous vous craindrez. Et ce que l’on craint, on le détruit.

Chef Indien DAN GEORGE

C’est en observant les loups qui vivent à l’état sauvage que j’ai découvert cette méthode que j’appelle « Naturelle ». Pourquoi brutaliser pour obliger à faire quelque chose, alors que si l’animal éprouve un besoin, important pour ce que l’on détient, il va être volontaire.

Les louveteaux arrivent très vite jusqu’ à leur mère lorsqu’elle revient de la chasse, car ils savent qu’il y aura régurgitation ou apport de nourriture.

- Si elle lève le museau, le louveteau s’assoit.

- Si elle se couche, il se couche.

- Si elle se lève, il se met debout.

- Si elle marche, il se colle à elle la tête tournée vers ses babines...

Il suffit d’avoir dans la main une friandise et le chiot est prêt à faire tous les apprentissages sans laisse.

La motivation est essentielle, surtout si elle est basée sur des instincts primaires (survie).

Le chien qui fait la sourde oreille lorsque vous devez lui faire sauter un petit obstacle , celui qui s’arrête de travailler car l’herbe est trop haute, qui ne veut pas se coucher car il y a une flaque d’eau, qui boite en marchant sur des gravillons... Lorsqu’il sentira la femelle en chaleur, il escaladera un mur de deux mètres, il passera des ruisseaux à la nage, sous des clôtures en se déchirant le dos sur du fil de fer barbelé, sans jamais marquer la moindre sensibilité !

L’avantage avec cette méthode c’est que l’éducation peut commencer chez l’éleveur dès le sevrage, à 2 mois le chiot a déjà enregistré tous les mécanismes de base en associant les signaux et la récompense à ces comportements (rappel-assis-couché-etc)


L’école des chiots

Dès l’âge de 2 mois il doit être envoyé à l’école du chiot la plus proche par l’éleveur ou le vétérinaire. Une » maternelle » où il apprendra les choses essentielles pour vivre dans notre société et où son maître sera initié à la communication avec lui.

Le chien mène une vie trop protégée, si on ne lui permet pas de s'exprimer physiquement en utilisant ses instincts naturels, il risque de s'ennuyer, de prendre de mauvaises habitudes ou de développer des troubles du comportement.

L'Ecole du chiot et la Méthode Naturelle permettent à travers le jeu de laisser s'exprimer les comportements. Selon la race ou l'individu, les préférences iront aux jeux de combat, de réflexion, de recherche, d'adresse, aux jeux de contact ou aux jeux sociaux.

Le maître doit vite apprendre quels sont les jeux que son chiot préfère ; leur but, c'est de développer les qualités de perception et de confiance en soi, permettre de tester ses capacités et d'assouvir son besoin d'action, améliorer la motricité et la coordination des mouvements, rendre sociables et équilibrés, resserrer les liens avec le maître et l'encourager à la coopération, aider à muscler harmonieusement le corps et à lutter contre la surcharge pondérale.

Un chiot joueur est un chiot bien dans sa tête qui a beaucoup de chance de devenir plus tard un chien sans peur et sans reproche.

A l'Ecole du chiot, on lui apprendra

-la sociabilité aux chiens

-la sociabilité aux gens

-la résistance au stress

-supporter les manipulations

-la hiérarchie au maître

-l'obéissance de base par la Méthode Naturelle

L'individu, c'est la somme de son patrimoine héréditaire et de son éducation ainsi que les accidents pathologiques (maladies) ou psychologiques qu'il va subir. Il est plus facile de prévenir un trouble du comportement que de le rééduquer. Les vétérinaires vont voir les chiots entre 2 et 3 mois, ils sont particulièrement bien placés pour déceler un problème comportemental ou émotionnel et orienter les maîtres vers l'école des chiots.

C'est souvent les maîtres qui sont responsables

Dans la nature il doit être détaché des parents pour devenir autonome. Les maîtres portent trop d'attention, de caresses, de soins, ils continuent à materner = hyper attachement.

Au lieu d'être ferme et d'appliquer des règles et des interdits on lui accorde des privilèges = Pas de hiérarchisation

On l'empêche d'avoir des contacts, on l'isole à la maison on le prend dans les bras dans la rue = Désocialisation

La démarche éthologique

Elle consiste à faire preuve d'Empathie : se mettre à la place du chien, tenter de penser comme lui, essayer de comprendre ses réactions, devancer ses désirs, anticiper ses réticences.

Il ne faut pas faire d'anthropomorphisme en projetant sur l'animal la psychologie humaine, il ne faut pas non plus le définir comme une mécanique qui répond à des lois.

Chaque individu est unique - On peut résumer en disant qu'il est fait de 20% de génétique et de 80% de milieu, ce qui signifie qu'on peut orienter ses comportements et le façonner.

VII- LA COMMUNICATION HOMME -CHIEN

UNE AUTRE MANIERE DE VOIR L’EDUCATION

« Je suis persuadé que la base même des relations entre bêtes et gens dépend de la manière de penser, tout animal, et le chien en particulier, comprend à travers les modulation de la voix humaine la plupart de nos intentions, bonnes ou mauvaises, beaucoup mieux que la signification exacte des mots eux-mêmes. Il lit dans nos yeux ce qui se passe dans nos cœurs »

M.L. DE FONSECA

La démarche éthologique en éducation canine est une révolution, on ne se contente plus d’être celui qui oblige et qui soumet, on doit prendre en compte la manière de ressentir du chien ainsi que nos propres intentions, en tant qu’animal de meute le chien est un as de la communication.

Celui qui dirige, c’est celui qui guide, il est observé, imité, obéit, en fonction des messages qui émanent de sa personne. Il émet des micro ou des macro signaux de façon consciente ou inconsciente qui entraînent des réponses ou des réactions d’orientations.

Dans cette communication, il y a des modifications somatiques (yeux, corps, etc.), des modifications végétatives (respiration, rythme cardiaque, réponse électrodermique), des odeurs du corps.

Les signaux peuvent être d’éveil, injonctifs, de blocage, impératifs, ambivalents, émotionnels.

Le maître influence le comportement de son chien :

- maître nerveux ou dépressif

- maître qui caresse son chien qui a peur de quelque chose

- maître qui hurle si le chien touche quelque chose de fragile dans la maison

- maître qui s’agite lorsque le téléphone ou la porte d’entrée sonne

- maître qui bat son chien qui se soumet

- maître qui ne met pas en place des interdictions

Si le chien partage la vie du maître son éducation est un travail à plein temps.

Le dominant est toujours observé, votre chien vous regarde-t-il souvent ou bien vit-il sa vie ?

Un dominant c’est une référence, il doit être sûr de lui et diriger de manière souple. On doit avoir confiance en lui, un bon leader sait contrôler par sa présence et non par la douleur ou la terreur.

Un maître qui a besoin de punir souvent pour obtenir ce qu’il désire démontre que sa position sociale n’est pas clairement définie.

Un chien heureux est un chien qui vit dans une hiérarchie stable, il reconnaît l’autorité du dominant comme quelque chose de naturel, comme un équilibre vital du groupe.

En Méthode Naturelle, le maître doit faire un effort pour se représenter dans l’espèce et percevoir ce que son chien ressent, avoir le bon réflexe au bon moment, la gestuelle, le signal à faire mémoriser, le renforcement positif. Il est plus facile de tirer sur la laisse ou d’appuyer sur le bouton qui déclenche le collier électrique, on n’a pas besoin d’avoir des

Connaissances canines ou de réfléchir !

L’éducation c’est la communion de deux individualités (deux espèces) qui s’associent et communiquent de manière presque magique aux yeux des profanes. Pas de gesticulations, de hurlements, de matériels coercitifs, pas même une laisse, l’animal semble obéir à l’intention du maître, à l’ordre mental.

Si on donne le choix au chien, entre jouer avec des congénères ou « travailler » en se soumettant à des ordres, que préfère-t-il ?

Pour son bien-être il faut tenter de se rapprocher des conditions de vie naturelles, il a besoin de communiquer et de se distraire, il faut être inventif et renouveler sans cesse les exercices et la manière de les aborder afin de stimuler ses capacités cognitives, la séance d’éducation doit être récréative. Briser la routine et vous aurez la participation joyeuse.

La Méthode Naturelle est une éducation par le jeu, si le maître s’amuse il envoie des messages positifs et fabrique des substances agréables (dopamine), le chien devient volontaire et participe à l’apprentissage.

« Je ne suis pour toi q’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin d’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde... »

Le petit prince A. de St EXUSPERY





EDUCATION CANINE

« La carotte ou le bâton »

Conception classique

- rien

- isolement au moins jusqu’à la fin de la phase végétative

- début de l’éducation vers 6 mois ou 1 an (club)

- conditionnement classique par la punition

. obligation d’exécuter

. matériel de contention

. séances régulières et intensives

. exécutions mécaniques

« La carotte ou pas de carotte »

Méthode Naturelle

- influence lors de la période néonatale

- milieu d’éveil riche dès la naissance

- début de l’éducation lors du sevrage

- école du chiot dès 2 mois (club)

- Méthode Naturelle

. aucun matériel (pas même une laisse)

. ignorer les mauvais comportements

. renforcer les bons comportements

. approximations successives

. apprendre en jouant

. faire réfléchir (apprentissage associatif et cognitif)

. observer et ressentir son chien

. varier le mode d’approche des exercices

. entraîner en tous lieux et à tout moment

. le temps n’existe pas

. être détendu et en « phase » avec le chien

. devenir chien et imiter la mère ou le chef de meute

. ne pas robotiser mais éveiller

Il faudrait que le statut de l’animal évolue et passe du statut d’objet de droit, plus adapté aux choses matérielles, à celui de sujet de droit encore réservé aux humains.

VIII-LA METHODE NATURELLE ET LES NOUVELLES ACTIVITES SPORTIVES DU CHIEN

On ne peut obtenir un bon apprentissage, c’est-à-dire un exercice volontaire, joyeux, capable de se perfectionner dans le temps, qu’avec des chiens heureux de travailler et formant équipe avec le maître.

La vitesse, la précision, la joie dans l’exécution gagnés grâce à la Méthode Naturelle ont permis de transformer les exercices et de se diriger vers des épreuves sportives qui nécessitent ces critères : l’obéissance, l’obérythmée (danse avec son chien), le frisbee (disque volant) le flyball (lanceur de balle). On l’utilise également en pistage, en recherche en décombres, pour préparer les futurs chiens guides d’aveugle ou pour handicapés.

On ne force plus l’animal, on respecte son individualité, on cherche à penser comme lui, à se faire accepter, on peut alors communiquer...

Autrefois on ne s’autorisait pas de psychologie du chien, les messages allaient dans un seul sens de manière brutale pour obtenir un comportement mécanique.

Le respect du bien-être animal est une priorité de nos jours avec un statut juridique en pleine évolution. Certains pays l’ont bien compris avec l’interdiction d’objets de torture utilisés depuis le Moyen-Âge, comme les colliers à pointes ou les collier électriques (Suisse).

« La grandeur d’une nation se mesure par la façon dont elle traite ses animaux »

GANDHI

Joseph ORTEGA, Ethologue de terrain (loups sauvages), juge S.C.C. et F.C.I. de travail, journaliste spécialisé, Auteur de plusieurs ouvrages sur l’éducation et le comportement.

Formateur pour la S.C.C. et la C.N.E.A. des moniteurs de clubs, sur deux concepts dont il est l’inventeur : « l’Ecole des Chiots » et « la Méthode Naturelle », ainsi que pour les « Chiens Visiteur » (Ecoles, Hôpitaux, Maisons de Retraite, etc.)

Formateur des éducateurs de chiens guides d’aveugle ou de chiens pour handicapés, des

chiens de décombres et de recherche, des comportementalistes, etc.

Fondateur de la Société d’Ethologie Animale (ASBL)

Fondateur d’Animonde (ASBLI) pour l’étude du comportement animal.

Ses ouvrages ne sont pas vendus en librairie, vous pouvez les commander aux coordonnées suivantes :

Joseph ORTEGA

Cancales

46360 SAINT CERNIN

Tel : 05.65.30.32.88

E-Mail : villaloubet@aol.com

Site : http://ecole.du.chiot.free.fr

Bibliographie

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HEMMER H. Domestication: the decline of environnemental appreciation. Cambridge University Press, 1990

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BUDIANSKY, S. 2000 The truth about dogs: an inquiry into the Ancestry Social conventions, mental Habits and Moral Fiber of Canis Familiaris. Penguin Book, New York, NY.

LEONARD, J.A., WAYNE, R.K., WEEHLER, J, VALADEZ, R., GUILLENS, and VILA, C 2002 Ancient DNA Evidence for old World Origin of New World Dogs- Science 298: 1613-1616

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VILA, C, SAVOLAINEN, P. MALDONADO, JE, etc 1997

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Colonel DOMMANGET – 1910. Le Dressage de Fram. Edition C. CLUNY

Robert GERSBACH- 1910. Manuel de Dressage des chiens de Police. Edition Agence Fournier

O. GUARINI – 1970 – Le chien de Garde et de police Edition Crépin – Leblond

J. ORTEGA 1995 Le Guide du chien en ville

Edition Crépin – Leblond

J. ORTEGA- 1990 - Guide d’éducation canine à l’usage des éducateurs et des maîtres.

Edition privée

J. ORTEGA – 1988 Le Flair du chien Pistage et Détection

Edition Privée

J. ORTEGA – 2004 - L’Ecole des chiots et la Méthode Naturelle

Edition Privée

J. ORTEGA – 2003 - Mon chien a de Mauvaises habitudes – La rééducation des comportements inadaptés. Edition privée.

J. ORTEGA – 2005 - Entre chien et Loup Edition privée







 
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