Accueil   Présentation   L'auteur   Photos/Vidéos   Livre d'or   FAQ   Nous contacter  
 

   Votre panier
  Actuellement 0 Produit(s)
  Les articles
  Articles Divers
  Ethologue - Ethologie - Loup
  l'école du chiot
  Flair pistage et détection
  dessin et texte humoristique
  La méthode naturelle
  Le chien visiteur
  Les idées recues sur le chien
  Les troubles du comportement
  Mauvais traitement envers un animal
  l'obérythmée
  Races canines
  Témoignage
   Rechercher un article
 
  Actualités
  Les stages
  Notre élevage
  Boutique en ligne
  CD
  Livres
  Polos
  Stages
  Articles
  Compte client
    Page Facebook






Les articles : Flair pistage et détection
Extrait du Roman "Entre chien et Loup" de Joseph ORTEGA 31/05/2017
Extrait du Roman "Entre chien et Loup" de Joseph ORTEGA



Orion chien de piste
Le lendemain, comme Jean s’apprêtait à partir, le docteur Juarez arriva au volant de son break. Il freina dans un nuage de poussière et claqua la portière avant de courir vers Jean. Il semblait affolé. Il héla son ami en ouvrant la porte de la maison. Jean s’empressa de venir à sa rencontre, étonné de l’attitude de Juarez. Il s’enquit :

            - Que se passe-t-il, Pedro ?

Juarez, essoufflé, respira profondément avant de répondre :

            - Jean, est-ce que Orion est capable de suivre une piste ? Ma nièce, ma nièce est perdue. Elle a disparue hier soir. Je ne l’ai appris que ce matin, en allant chercher un livre chez ma sœur.

Jean tenta de calmer son ami.

            - Allons Pedro, reprenez vos esprits. A quel heure et à quel endroit a-t-elle été vue pour la dernière fois ?

            - Ma sœur habite un chalet sur la colline que vous voyez là-bas. C’est en plein milieu de la forêt. Elle y vient tous les ans. La petite Consuela est âgée de 6 ans. Je pense qu’elle a dû poursuivre un lapin et se perdre. Depuis hier midi. Elle doit être effrayée. Vous rendez-vous compte qu’elle a passé la nuit en pleine nature ? Les gendarmes ont cherché partout durant toute la nuit. Ils n’ont rien trouvé ; aucune trace. Orion peut-il la rechercher ? Je vous en prie, Jean, essayez de la retrouver !

Jean réfléchissait. Son regard allait de son ami effondré à Orion qui s’amusait à courir le long de l’enclos des loups, pour inviter Bongo à jouer. Il posa ses mains sur l’épaule de son ami :

            - Nous allons essayer. Mais j’ai bien peur d’échouer. Orion est bon pisteur mais il est trop jeune pour que son attention soit tenue en éveil bien longtemps.

Surtout sur des kilomètres de forêt. Il sera distrait au bout d’un moment. Enfin, allons-y. J’ai le harnais et la longe de pistage dans ma voiture.

Juarez démarra en trombe, faisant gicler le gravier de l’allée. Jean suivit dans sa fourgonnette, accélérant pour ne pas perdre de vue son ami impatient.

Plusieurs jeeps et land-rovers étaient alignées près du chalet de Madame Pinto, la sœur du docteur Juarez. Des hommes en uniformes verts, coiffés de casquettes ou de tricornes noirs étaient en grande discussion devant la maison. Juarez présenta son ami et demanda si on avait découvert une trace quelconque. La mine déconfite des policiers en disait long sur le résultat des recherches.

Jean prit une robe de la petite fille et s’équipa. Il revêtit une combinaison militaire et se chaussa de bottines solides. Dans un sac à dos, il déposa une couverture et un anorak, ainsi que de la nourriture pour deux jours que lui apporta la sœur de son ami. L’officier du détachement lui confia un talkie-walkie et des fusées de détresse. Malgré l’insistance des policiers et de Juarez, Jean refusa d’être accompagné.

            - Nous sommes au printemps, dit-il. Le temps paraît favorable. Je crois que ça ira. Il serra la main de son ami : - Comprends-moi, Pedro, il faut que je sois seul. Orion sera déjà assez distrait comme cela. Avec Varus ou Moune, il n’y aurait eu aucun problème. Enfin, si je la retrouve, je signalerais ma position par le talkie-walkie et, si c’est possible, j’allumerais une fusée.

Madame Pinto précéda Jean jusqu’à l’endroit où elle avait aperçu sa fille pour la dernière fois.

Tout en mettant le harnais de piste à Orion, Jean tenta de la rassurer :

            - Gardez bon espoir, Madame. Orion est un bon chien malgré sa jeunesse. Bien sûr, cela va être difficile car la piste a été brouillée par les allées et venues des gendarmes. Mais je pense qu’on réussira. De toute façon, votre petite fille n’a rien à craindre des bêtes sauvages. Les ours sont beaucoup plus hauts et les autres animaux n’attaquent pas l’homme.

Jean était prêt. Il attendit encore une dizaine de minutes afin que tous les policiers aient regagné la maison. Orion était particulièrement intéressé par l’hélicoptère de l’armée qui tournoyait dans le ciel. Il savait pourtant ce qui l’attendait car le maître était équipé et lui-même portait le harnais.

L’homme et son chien se dirigèrent vers la forêt…

Jean fit sentir à Orion la robe de Consuela :

            - Cherche, mon chien ! Cherche.

Le chien avait compris. Il se mit à tourner en rond autour des arbres, faisant de nombreux retours en arrière. Jean s’apprêtait à faire humer à nouveau la robe, quand, le nez collé au sol, Orion s’élança tirant sur sa longe. Jean l’encouragea :

            - C’est bien Orion ! Cherche !

Il avait raccourci la longe car le chien passait entre les troncs à travers les taillis, effarouchant les oiseaux. Le harnais ne gênait en rien les gestes d’Orion car il était conçu pour dégager la tête et le garrot, prenant appui sur le poitrail et le dos.

Au bout de quelques heures, le chien avait ralenti son allure malgré sa jeunesse. Il continuait la piste avec une conscience telle que Jean était agréablement surpris. Même l’envol d’un couple de perdrix sous son nez ne le troubla pas. Un lièvre aurait pu lui passer entre les pattes qu’il ne s’en serait pas préoccupé tant il était absorbé par son travail. Il n’était pas loin de midi quand il ramassa un objet de chiffon. Il s’assit à l’endroit de la découverte comme on le lui avait appris. Jean prit l’objet : c’était une poupée. Il la mit dans sa poche et commanda à Orion de reprendre la piste.

A trois heures de l’après-midi, Orion avait toujours le nez collé au sol, trottinant de temps en temps entre les arbres. Une fois seulement, il s’arrêta, dans le creux d’une genêtière, à flanc de coteau. En le voyant faire des cercles, Jean avait craint qu’il ne perde le fil, mais le brave chien était reparti. Malgré son âge, Jean était en excellente condition physique, bien qu’il commençât à ressentir la fatigue. Son estomac faisait des bruits bizarres, indiquant l’heure du repas. Le médecin ne voulut pas interrompre la recherche, de peur de perdre la piste. Et puis, la petite Consuela devait avoir bien plus faim que lui.

Orion s’arrêta près d’un roncier et saisit du bout des dents un fil de laine qu’il présenta à son maître.

            - C’est bien mon chien ! Cherche !

Ils étaient donc sur la bonne piste. Cela rassura Jean car il craignait toujours que le jeune chien ne se lasse. Pourtant, ce n’était pas les odeurs excitantes qui devaient manquer ! Il remarqua des traces ovales, allongées, sans doute des empreintes de sabot faites par un cerf ou un chevreuil. Un peu plus loin, c’était des crottes en forme de bille ; un lapin devait avoir sa rabouillère dans le coin.

Vers 17 heures, Orion se mit soudain à tirer sur sa longe comme un forcené, en poussant quelques aboiements brefs. L’enfant devait être à proximité… Ils la découvrirent endormie, blottie au pied d’un sapin.

Avant que jean ait pu l’en empêcher, Orion barbouillait déjà le visage de la petite fille de sa grande langue rose. Elle s’éveilla en sursaut. Et quand elle vit le chien, elle ne parut pas effrayée. Jean s’étonna. Il comprit plus tard, en l’entendant appeler « Lobo ». Son oncle avait dû l’habituer à jouer avec les louveteaux. Jean lui expliqua calmement l’inquiétude de sa mère et de son oncle Pedro, sa recherche à travers la forêt avec Orion. Il l’examina des pieds à la tête. A part quelques égratignures faites par les ronces, elle se portait bien.

Orion, détaché et chaudement félicité par son maître, avait immédiatement sympathisé avec Consuela. Déjà, il avait ramassé un bout de bois pour venir le déposer au pied de la petite, comme il avait coutume de le faire avec les enfants Brotons. Voyant que la gamine ne comprenait pas, il aboya joyeusement et reprit son morceau de bois pour le lancer habilement en l’air. Il le rattrapa au vol pour aller le déposer à nouveau au pied de Consuela. Celle-ci avait saisi ce qu’on attendait d’elle et jeta le bâton le plus loin possible, à la grande joie d’Orion.

Pendant ce temps, Jean qui avait monté l’antenne du talkie-walkie, tourna le bouton. Un grésillement se fit entendre. Il appela plusieurs fois en vain. La montagne devait être un obstacle. Il devenait nécessaire de rejoindre le coteau par où ils étaient venus mais auparavant, il allait se restaurer un peu. Il offrit un sandwich à Consuela et une tranche de jambon à Orion qui l’avait bien mérité. Tout en dévorant son casse-croûte, il remit le sac sur son dos et y jucha la petite, ravie de son aubaine. Orion escorta dignement son maître. Il galopait devant eux, repartait en arrière, revenait en trottant, sautait en aboyant frénétiquement à l’adresse de Consuela qui l’encourageait à courir par des cris. Si le chien ne comprenait pas l’espagnol comme son maître, du moins reconnaissait-il les intonations de la voix. Aussi toujours infatigable, il faisait du slalom entre les troncs, à  toute allure, pour le plus grand plaisir de Consuela qui s’amusait follement.

Jean se félicitait d’avoir emporté une boussole car, dans le cas où le poste ne marcherait pas… Et puis, il y avait Orion… Pour Jean, le chien avait définitivement gagné ses galons de chien de travail. Peu importait maintenant qu’il fasse les concours où tout était prévu dans les moindres détails. Il avait prouvé sur le terrain ce qu’il valait.

Parvenu au sommet du coteau, Jean envoya le message. Il reçut une réponse immédiate : un Hélicoptère partait les récupérer.

Pendant que le chien haletant se reposait couché sur le flanc, la langue pendante, Jean installa confortablement la petite fille dans le sac de couchage et prépara les fusées de détresse. Dès qu’il entendit le vrombissement de l’hélicoptère, il tira une fusée rouge qui monta bien au-dessus des arbres. Cinq minutes plus tard, l’appareil était là. Une corde munie d’un harnais fut descendue. Consuela était réveillée. Elle fut ficelée convenablement et arrimée bien droite. C’est alors qu’elle réclama de s’envoler avec « el Lobo, Orionne ! » Jean lui promit de le faire monter immédiatement après elle, dès que la petite fille eut trouvé refuge dans l’appareil, un double harnais descendit. Jean s’attacha avec son chien et, à son signal, ils furent élevés. Orion ne paraissait pas effrayé mais il se sentait un peu ridicule, suspendu en l’air comme une araignée. Il baissait les oreilles d’un air vexé. Quand ils se posèrent près de la maison, ce fut l’enthousiasme. Les photographes mitraillèrent Orion sous tous les angles et celui-ci commençait à être agacé, retroussant ses babines et grognant. Heureusement, Consuela le sauva de la torture des flashs en demandant à sa mère la permission de faire visiter la maison à son ami. Jean autorisa le chien à entrer avec la petite fille. Ils montèrent tous les deux dans la chambre où s’alignait un nombre impressionnant de poupées de toutes formes et de toutes tailles.

Jean racontait la recherche de son chien. Soudain, celui-ci apparut, la queue en panache et l’œil rieur. Il portait fièrement dans sa gueule une des poupées de chiffon. Jean voulut la lui retirer mais Consuela, qui suivait le chien, intervint :

            - Non. Dorita est pour Orionne. Je lui ai donné pour qu’il s’amuse.

Orion, qui regardait son maître d’un œil pétillant de malice, semblait lui dire : « tu vois, je ne pouvais vraiment pas refuser ! »

Jean prit congé de ses amis, malgré leur désir de le retenir. Il promit à Consuela le premier chiot d’Orion. Celle-ci ne quittait plus le chien, le serrant dans ses petits bras, l’embrassant sur le museau, sur les oreilles. Orion, qui n’était pas avare de caresses, passait sa grande langue humide sur les mains de Consuela. Au moment du départ, la petite fille éclata en sanglots. De l’intérieur de la voiture, Orion la regardait, les oreilles pointées en avant, la queue battant aussi vite qu’il pouvait.

Jean ne se sentait pas trop fatigué malgré la longue marche. Par contre, Orion s’était effondré sur la plate-forme et dormait profondément, bercé par le mouvement de la voiture. Entre ses pattes était couchée la poupée de Consuela.

Son maître était content de lui. « Le pistage n’est après tout que l’instinct du chasseur sauvage traquant une proie blessée »  pensait Jean. «  C’est l’homme qui a sélectionné les animaux les plus doués pour obtenir ce merveilleux et efficace compagnon. L’éducation n’est là que pour orienter de la manière la plus opérationnelle les qualités du chien au service de l’homme ». Il se remémora le compte rendu de certaines expériences : «  L’homme perd quatre milliardième d’odeur à chaque pas. Et le chien met 8 minutes pour saisir l’odeur d’un pied bien lavé à travers un tissu de caoutchouc de 0,2 mm. Il est sensible aux odeurs organiques diluées jusqu’au billionième. »

Arrivés au chalet, Varus et Moune se livrèrent à une démonstration frénétique de leur tendresse envers leur maître. Ils adoptaient des comportements de jeunes chiens : courant, sautant, caracolant, se roulant sur le dos pour manifester leur grande joie. Orion était également heureux de retrouver sa mère et il participait avec effusion aux ébats, en les poursuivant avec des aboiements sonores.

Maintenant, Orion était entraîné chaque jour à trotter près de la bicyclette du maître. Il en  avait acquis l’habitude au bout de quelques jours et était capable de parcourir plusieurs kilomètres sans fatigue. Jean observait son chien dont le poitrail se développait et la musculature devenait plus sèche. Son allure était régulière, souple et rasante comme celles des loups. La couleur de sa robe était d’un noir luisant sur le dos, de couleur feu aux quatre pattes et au bout de la queue ainsi qu’autour du cou puissant, et d’un noir satiné au museau. Tout en lui dénotait la noblesse de la race : le port de tête, les allures au pas ou au trot, le regard vif et intelligent.

Jean considérait les chiens comme des athlètes complets et il estimait nécessaire leur entraînement pour développer la poitrine, le dos et les membres, harmonieusement, ainsi que pour augmenter la souplesse et l’endurance. Un chien ne doit pas acquérir les mauvaises habitudes de l’homme moderne qui se complet dans l’inactivité et dans tous ses corollaires (obésité, maladies, impotence ; etc.).

Pour se procurer le Roman, se rendre sur le Site de l'auteur!



 
Accueil  |  Contacts  |  Liens  |  Conditions générales de vente
Tous les Logos et Marques sont déposés, les commentaires sont sous la responsabilité de ceux qui les ont publié
Ce site est destiné à l'amélioration de la relation Homme / Chien et cela dans le respect de l'animal.

Les illustrations, les logos, les documents et le titre du site: "L'Ecole du chiot et la Méthode Naturelle" sont soumis aux dispositions du code de la propriété intellectuelle (copyright). Toute personne s'inspirant, ou utilisant ces derniers, s'expose à des poursuites judiciaires et au versement de dommages et intérêts ainsi que de frais de dépens. les personnes ou Associations qui désirent reproduire un des texte contenu dans le site, doivent en faire la demande écrite à l'auteur et s'engager à mentionner le nom de l'auteur ainsi que le titre complet du site. Ceux qui possèdent un site qui reproduit un des textes peuvent demander à établir un lien avec ce site, celui-ci sera accordé après contrôle du Webmaster et de l'auteur.