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Les articles : Races canines
HISTOIRE DES MOLOSSES 16/05/2011 [Lu 4551 fois]
Il y a 50 millions d’années, à l’ère tertiaire, apparaîssent les miacidés, de petits animaux. L’Hesperocyon, qui a la forme d’une belette existe il y a 35 millions d’années.
Le Cynodesmus ressemble à un chien, il a 5 orteils mais le premier commence à se réduire, sa formule dentaire est celle des canidés actuels.

Il y a 4 millions d’années environ, apparaît le Tomarctus, qui s’apparente fortement aux canidés modernes. On le trouve sur tous les continents et l’un de ses descendants, le chien étrusque (Canis etruscus), est considéré comme l’ancêtre du loup.
Le loup qui arrive il y a environ 2 millions d’années est un animal qui s’adapte à tous les milieux et qui se répand sur toute la terre. Au début sa taille est encore modeste mais il va grandir et s’intégrer selon le biotope où il vit, atteignant sa forme définitive il y a 100 000 ans.

C’est en Asie, en particulier en Chine, que l’on trouve les plus anciens témoignages de domestication, attestés d’ailleurs par l’analyse de l’ADN mitochondriale depuis quelques années. Contrairement à ce que l’on croyait jusqu’à présent, la domestication ne ce serait pas réalisée il y a 12000 ans, mais il y a plus de 100 000 ans…

Dans les forêts ou la savane il est de petite taille, dans les régions de grand froid sa taille est plus imposante.

Les premiers peuples humains avaient des rituels et un culte de l’animal qui devenait totémique, pour certains c’était le loup. Au paléolithique supérieur, ils commencent à édifier leur habitat sur les terrains de chasse, sous forme de tente en peaux, une forme conique que l’on retrouve en Asie encore de nos jours. Ces chasseurs nomades, stockaient la viande dans des fosses après avoir dépouillé le gibier, des déchets qui devaient attirer les loups à proximité.

Le loup laineux ou loup du Tibet est déjà de grande taille, sa filiation sera le dogue du Tibet, l’ancêtre présumé des molossoïdes.
Il va commencer à se répandre de plus en plus loin, d’abord en Orient, en particulier en Assyrie dont l’empire atteint son apogée au 8ème siècle avant notre ère, puis en Epire chez les Molosses qui vont lui donner son nom, ensuite l’Egypte, chez les Romains qui le récupèrent lors de leurs conquêtes, les phéniciens qui marchandent un peu partout le firent connaître et apprécié.
Par la suite chaque pays eut à cœur de sélectionner sur des particularités, tout en gardant le type général….









L'ancêtre, le Dogue du Tibet

C'est celui qui est considéré comme l'ancêtre des molosses, dogues et grands chiens de montagne. Il est souvent décrit comme énorme avec des poils bruns-noirs, les oreilles et la queue coupée. C'est le chien des nomades, il doit garder les troupeaux et la tente, il est à demi-sauvage...


Dogue du Tibet
On le trouve :Tibet, Népal, Mongolie, Bouthan, Ladakh, Cachemire. Le Tibet c'est au depart: le Kham, l'Ü-Tsang, l'Amdo.
Ske Kor: collier de laine rouge ou de queues de yacks teintes en rouge



Les différentes appellations :
Amdo : chien de garde
Srung Khyi : garde
Sgo Khyi : chien de porte
Do Khyi : chien de porte
Gom khyi : chien de guerre
Nag Khyi : bouvier
Dzi Khyli : gardien
Dho Khyi r’Apsoo : Mâtin
Kyi Apso : Dogue « barbu »
Bara- Benghali (noir)
Bharmouri (noir avec marques feu)
Bzan Khyi  (noir et feu)
Lahauli (feu)
Shakhi : garde
Congkhi : garde

Il faut préciser que cela se passe à environ 4000 mètres d'altitude (le "Toit du monde") et que seul un chien très puissant pourra résister aux conditions de vie (car il ne dort pas sous la tente mais dehors).

Selon la règle de Bergmann, l'apparition de certaines caractéristiques est la conséquence du milieu, la sélection naturelle et la sélection artificielle par l'homme ne conservant que les sujets qui réalisent l'adaptation.

Parmi ses ancêtres, on trouve au Tibet, la sous-espèce de loup "Canis lupus laniger" (Hogson 1847), ou dans l'himalaya "Canis lupus niger" (Sclater 1874). En mongolie et dans les steppes de Mandchourie "Canis lupus Dorogostaiskii (Skalon 1936).
 
Selon J. H. Huxley: "c'est très probablement par le moyen de petites mutations, en particulier sous forme de séries de stades allomorphes multiples, chacun étant ajusté en vue de la viabilité et de l'efficacité par combinaison et petites mutations nouvelles que s'est produit l'évolution progressive et adaptative".

Nous savons que la stature va en diminuant du Nord au Sud et en augmentant de l'Ouest vers l'Est. Le poids dépend de facteurs individuels liés au degré de mutation et au genre de vie, il y a diminution de poids avec l'élévation de la température moyenne annuelle.

Le degré de corpulence compare le poids à la stature (indice de Rhomer), il est lié à la répartition de la graisse sous-cutanée qui s'exprime par l'épaisseur du pli cutané.

Selon la région, il y a exagération de la surface corporelle ou diminution, chez les chiens de montagne il y a augmentation du rapport, poids-surface du corps. 

Le mécanisme d'adaptation à l'altitude donne des globules rouges de plus petite taille mais en plus grand nombre, une vaste surface du corps permet la diffusion de l'oxygène et les échanges de ce gaz qui seront accélérés au niveau des poumons et des tissus pour faciliter la respiration.

Le dogue du Tibet d’origine ne ressemblait pas à celui que nous connaissons aujourd’hui, il y avait d’ailleurs plusieurs types répartis entre le Tibet, la Mongolie et L’Assyrie. Progressivement, ses descendants vont se retrouver, chez les Mèdes, les perses, la Grèce, l’Italie, puis toute l’Europe.
 
C'est un chien de protection des troupeaux: yack, mouton, bœuf, chèvre. Ceci pour des peuples nomades dont les yourtes sont gardées par un groupe de chiens. Il peuvent également porter des marchandises dur le dos.
 
C'est l'écossais George Bogle, représentant la compagnie des Indes au Tibet en 1774 qui va en parler le premier "Chiens du Népal, de grande taille, souvent hirsutes comme des lions, et extrêmement féroces"
 
En 1830, un sujet sera peint par le naturaliste Brian Houghton Hodgson "Black Mastiff of Lhasa".
 
Un sujet parvenant en Angleterre sera offert par le vice-roi des Indes Lord Harding, à la reine Victoria en 1847. Il sera décrit par Vero Shaw dans son ouvrage « Book of the dog » en 1879 : « le mastiff Tibétain ressemble à un terre-neuve à l’air revêche, avec des grandes oreilles. Sa robe est rêche et dure, sa queue portée bien au-dessus du dos, et sa couleur est généralement noir et feu ».

Les premiers sujets sont importés en Angleterre en 1826 par le Dr Wallich pour le roi George IV, sous le nom « Tibetan Mastiff », ils sont mis au jardin zoologique de Londres.
En France le premier sujet inscrit au LOF est Nirvana van Desaäl, importé en 1982 par Mme Kerhervé en 1982 (élevage de la Tour Chandos).


 
En 1875, le Prince de Galles, Edouard VII rapportera deux dogues du Tibet qu’il présenta en exposition. Le colonel Bailey ramena cinq sujets dans les années 30, l’un d’eux fut exposé à la Cruft’s en 1933.

Le nom du dogue du Tibet dans son pays d’origine est Do-Khyi (chien de porte), car s’il garde les troupeaux de yacks, son rôle est également de protéger les habitations « yourtes », ou les monastères.

Il existe une variété à longs poils sur la tête et portant crinière, on l’appelle Kyi-Apso (chien barbu).

Le livre de Marco Polo

Marco Polo était jeune, il n'avait que 17 ans lorsqu'il part avec son père Nicolo et son oncle Matteo pour les pays d'Orient. Un voyage qui va l'amener auprès  de Koubilaï, le grand Khan, dans le grand empire Mongol fondé par Genghis Khan. Il va voir des choses merveilleuses ainsi que des animaux inconnus en Europe. En particulier des chiens énormes descendant des molosses du Tibet.

De retour chez lui, il va participer à la guerre entre la République de Venise et celle de Gênes. Il fut fait prisonnier et parmi ses compagnons de captivité il y avait un écrivain nommé Rusta qui mit par écrit ses aventures, c'est ainsi qu'est né "le livre de Marco Polo".
On connaît ce livre sous le titre de "Devisement (description) du Monde"


Marco Polo décrit en 1295 les chiens gigantesques qu’il rencontre en Asie: " Ils ont des chiens grands comme des ânes avec des énormes têtes, les joues à peau rude barrées de rides profondes, des lèvres épaisses et des yeux injectés de sang leur donnant une expression terrible(…) qui sont très bons pour prendre les bêtes sauvages, dont il y a beaucoup".
 
Certains ont voulu voir dans cette description une exagération romanesque, mais si on se réfère à l'histoire, il ne fut pas le seul à les avoir vus et ils existaient vraiment...

Un missionnaire franciscain, Guillaume de Rubrouck va décrire en 1252, d’énormes chiens qu’il aurait vu en Albanie combattre les taureaux et les lions et remplaçant les bœufs pour tirer les charrettes.


Fo-Hi, en Chine va les décrire dans son livre d'élevage en 3468 avant notre ère.

Dans le Chou-King chinois, le livre sacré écrit en 2188 avant notre ère, on parle d'un chien gigantesque nommé « Ngao » dressé à l'attaque qui fut offert au prince Wong Wang.

On retrouve une représentation du dogue des Assyriens qui avaient comme roi Assurbanipal, au 7ème siècle avant notre ère, sur des terres cuites.
Ils portent des noms évocateurs comme "travaille des mâchoires", "conquérant des ennemis", "effrayant des méchants", « Amertume des opposants »,  « N’hésite pas ». Leur description: "...Le corps musclé, puissant, long avec un dos droit et recouvert de poils ras.

De petites oreilles pendant d'une tête placée sur un cou court. La peau de la face est plissée. La puissance de l'encolure et des pattes est remarquable, qui pourrait laisser croire que ce chien descend du lion.".

On l’a trouvé représenté en tenue de guerre avec une cuirasse et  sur ceux qui mourraient au combat, on prélevait le crâne pour en faire des trompes servant à effrayer l’ennemi.

Des écrits du moyen-âge reprennent cette fonction du chien de guerre, comme celui de Cretimus Ducensis : « il convient que les chiens soient bardés de cuir pour deux raisons.
 
D’abord afin que le feu qu’ils portent dans un vase d’airain ne le blesse pas et ensuite afin qu’ils soient moins exposés aux coups des hommes d’armes quand le cheval a fui sous l’aiguillon de la douleur. Ce vase d’airain, enduit d’une substance résineuse et garni d’une éponge imbibée d’esprit de vin, produit un feu ardent. »


Les Hyksos qui vont envahir l'Egypte au 18ème siècle avant notre ère apportent leur chien de combat et de guerre.

Plus tard Toutankhamon pour poursuivre les Nubiens sera assisté de molosses avec des colliers à pointes de fer. On trouve des représentations de molosses tenus en laisse sur une peinture qui date de 1450 avant notre ère.

Oppien écrira: "Les molosses des assyriens et des Sumériens étaient des combattants dont l'apanage était un courage martial. Ils attaquent les taureaux, s'élancent sur les sangliers impétueux et leur donnent le trépas.

Pleins de confiance de leur propre force, ils ne redoutent pas même les lions leur souverains. Une taille énorme les fait ressembler à des collines élevées.

Ils ont le museau aplati et de vastes sourcils qui, retombant sur les yeux, leur donne un air terrible. De brillantes prunelles étincellent dans leurs yeux enflammés.

Leur corps robuste est revêtu d'un poil épais et présente un large dos. Ils ne sont pas légers à la course mais leur courage est extrême, leur force ne saurait s'exprimer et leur valeur indomptable ne redoute aucun danger." 

Hérodote, déclare en 550 avant notre ère, que Cyrus le Roi des Perses, reçut du roi d'Albanie, un énorme dogue en cadeau. Il installe des chenils militaires dans quatre villes de son royaume avec 400 chiens de guerre, les habitants doivent les nourrir et les soigner, en échange ils sont exemptés d’impôts.

Selon Pollien, Philippe de Macédoine : « fit irruption dans le pays d’Argile, couvert de bois montagneux. Les barbares s’étaient cachés dans les forêts et les taillis. Philippe lâcha sur eux une grande quantité de chiens qui les découvrirent. La plupart de ces gens furent pris de cette manière. »

 Son fils, Alexandre le grand (vainqueur de Darius Roi des Perses et conquérant de l'Asie mineure en 332) eut en cadeau un molosse d’Epire, comme le raconte Pline: "
Lorsque Alexandre le grand voulut aller en Inde, le roi d'Albanie lui avait donné un chien de taille extraordinaire; ravi, Alexandre ordonna de lâcher des ours, des sangliers et finalement des daims, mais le chien reste couché sans faire le moindre mouvement. Cette paresse du grand animal agace tant le fier prince qu'il le fit abattre. Ceci fut rapporté au Roi par la rumeur. Il en fit envoyer un deuxième, en conseillant d'essayer cette fois non pas avec des animaux de taille réduite, mais avec un lion ou un éléphant. Alexandre n'hésita pas, et aussitôt vit un lion se soumettre. Puis il fit apporter un éléphant et put se régaler d'un spectacle dépassant tout. D'abord, le chien commença à aboyer fortement, tandis que toute sa fourrure se hérissa, il sauta au cou de l'animal et s'acharna sur lui, combattant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre avec une grande habileté, attaquant et se repliant tour à tour lorsqu'il le fallait, jusqu'à ce que ses changements incessants fassent tituber l'éléphant, et sa chute fit trembler le sol violemment.".

Curtius cite un passage lors de la conquête d’Alexandre où celui-ci va observer un combat contre les lions : « Pour convaincre Alexandre, Sophites, roi d’Albanie, fit amener un lion de très grande taille et le fit poursuivre par quatre chiens seulement qui s’en emparèrent aussitôt. Un piqueur, pour détacher l’un d’eux du lion, saisit le chien par la patte et la lui coupa ainsi qu’une seconde patte, comme il ne se décidait pas à lâcher prise, et cette opération n’ayant pas eu de meilleur résultat que la première, il le priva de tous ses membres, mais, bien qu’à moitié mort, le chien tenait toujours sa proie. ».

On retrouve cette mention des chiens d'Albanie, appelée à l'époque l'Epire, elle était située au nord-ouest de la Grèce et son peuple s'appelait les Molosses, d'où le nom de Molosse d'Epire ou Epeirote. Epire signifie « continent », au 5ème siècle avant notre ère c’est un royaume puissant qui donnera des personnages illustres comme Olympias, mère d’Alexandre le grand, ou le roi Pyrrhus.

 Selon Nemesien et Martial, les habitants de ce pays avait sélectionné un chien de grande taille: "
Le chien de Molossie est un dogue au corps massif et imposant, le poil ras, une grosse tête au nez écrasé avec un stop (cassure du nez) marqué, des oreilles semi-dressées, un poitrail large, des pattes puissantes. On l'utilise pour la grade ou la chasse contre le gros gibier comme le sanglier ou l'ours.".

Aristote (384-322 avant notre ère) pense que ce chien est le croisement d’un tigre et d’un chien sauvage et qu’il faut attendre la troisième génération pour avoir un chien domestique, les descendants du Dogue du Tibet seront introduits en Grèce sous la forme du Canis Epiroticus et du Canis Molossus.

En 385 avant notre ère, des chiens sont employés lors du siège de Mantinée par Agesipolis, roi de Sparte.  Ces chiens sont décrits par Virgile dans les Georgiques comme : « ardents molosses de Sparte », et Polyen décrit l’un de leurs usages : « Pour interdire à ses alliés dont il suspectait la fidélité, toute communication avec les assiégés, il installa des postes de guet, les chiens avaient pour mission d’intercepter l’envoi de courrier, d’arrêter les fuyards, en un mot de na rien laisser passer chez l’ennemi. ».

Végéce dans son ouvrage « de l’art militaire » (IVème siècle) dira : « Pour éviter les surprises, l’assiégé doit redoubler de vigilance, placé sur les murs et dans les tours des guérites où les sentinelles soient à l’abri des injures de l’air. Il est aussi d’usage de faire coucher dans les tours des chiens d’un odorat fin et subtil, qui, sentant l’ennemi de loin, aboient à propos ».

Un siècle plus tard, Alyattes, roi des lydiens va les utiliser contre les Cimmeriens. Pline l'ancien écrira: "Les chiens, après le massacre des Cimbres, défendirent les familles de leurs maîtres qui étaient placées dans des chariots.".

Mégasthènes (327 avant notre ère) parle d’un chien énorme avec une tête très lourde qui vient des Indes.

Chez les Hyrcraniens de Thessalie orientale, les dogues sont laissés à jeun plusieurs jours avant le combat. Après celui-ci on les laisse dévorer les cadavres pour entretenir leur férocité. On peut évoquer les vers de Racine dans « le songe d’Athalie » :

«
 Mais je n’ai plus trouvé qu’un horrible mélange
D’os et de chairs meurtries, et trainées dans la fange
Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux,
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux. »

Toujours au 6ème siècle avant notre ère, lors de la guerre en Egypte, Cambryse II met ses chiens en avant-garde.

Au 5 ème siècle avant notre ère, la ville de Corinthe se trouvait défendue par cinquante molosses, lors de l'attaque qu'elle subit les chiens la défendirent jusqu'à la mort, sauf l'un Soter (le sauveur) qui parvint à donner l'alerte malgré ses blessures mobilisant la défense de la ville.

Végèce, conseille dans son « De re militari » de faire coucher les chiens dont les tours afin qu’ils détectent l’ennemi grâce à leur odorat et aboient pour alerter la garnison. Napoléon reprendra plus tard cette idée.


En 55 avant J.C, Jules César décrivit les attaques des "Pugnaces Britanniae" (du latin pugna : combat) dans La Conquête des Gaules. Il les qualifia de chiens lourds, au museau court, à la peau lâche et plissée sur le front, au poil court, au dos large et aux pattes longues et musclées. Déjà, en 408 avant J.C., le poète Claudius Marius parlait du "chien à grande bouche des Bretons" dans un de ces fameux poèmes chantés dans tout l'empire romain.


On décrit ainsi ces chiens de guerre: " Ces cohortes, combattaient aux premiers rangs, sans se rebuter jamais; c'était des auxiliaires les plus fidèles, et qui ne coûtaient point de solde...".

En l’an 20 avant notre ère, Le roi des Garamantes fait combattre ses molosses de guerre contre les légions romaines d’Auguste.

Strabon (38 de notre ère) décrit les chiens des gaulois équipés de cuirasse et le cou ceint d’un collier à pointes. Ils combattent jusqu’à la mort, s’attaquant aux chevaux, égorgeant les blessés, poursuivant les fuyards : « ces chiens atteignent sans effort les montures, les arrêtent et les dispersent par de cruelles morsures ».
Il décrira également les Pugnaces Britanniae, les molosses anglais qu’un fonctionnaire appelé Procurator Cynogie était chargé d’exporter à Rome pour les jeux du cirque.

Dans le Vendidadad Sade, il est écrit : « j’ai créé le chien, Ô Zarathustra, avec ses propres vêtements et ses propres chaussures, avec un odorat pénétrant et des dents aiguës. Je l’ai fait compagnon de l’homme, pour la protection des parcs, car j’ai créé le chien, moi qui suis Ahura-Mazda. »

Dans la mythologie grecque Cerbère est fortement inspiré de ces molosses, gardiens redoutables. Il est là pour surveiller les portes de l’enfer et symbolise la mort. C’est Héraclès (Hercule) qui viendra à bout de lui et délivrera Thésée (cette histoire a lieu comme par hasard en Epire).

Hécate, fille d’Asteria et du Titan Persès (tricéphale, avec une tête de chien, une de lion, une de jument) est la divinité des carrefours et des fantômes, on la représente entourée de chiens menaçants.

Zeus avait un chien d’or afin de protéger la chèvre qui le nourrissait. On dit que les Molosses « les plus colères des chiens » descendent de ce chien d’airain, ou d’or, qu’Héphaïstos fabriqua et offrit à Zeus en le rendant vivant.

Le Vicomte d’Orléans fit venir des chiens du Tibet vers 1840, paul Mégnin écrira combien il était difficile de les approcher :  « Ils ne purent point se domestiquer, ils restèrent indomptables, vivant avec les chevaux et les juments du haras »

Freville (1808)
  



En Italie

Les Romains auraient découverts les molosses lors de la bataille de Pydra en Macédoine en 168 avant notre ère.
Columelle, mentionne, les chiens employés par les Romains, en disant qu’ils ont une tête si massive qu’elle semble former la plus grosse partie du corps (cela ne vous rappelle pas le Matin Napolitain ?).

Paul Emile rapporta cent molosses d’Epire, selon Tite-Live (64 à 17 avant notre ère).

Des récits font mention du rôle de gardien incorruptible. Par exemple lors du festin de Trimalcion, son molosse Scylax interdit l’entrée à ses invités qui voulaient enter en secret. Ils étaient tellement effrayés, que l’un d’eux Ascylte, tomba dans le bassin. Pétrone qui narre cette histoire, dira : « Il avait déjà eu très peur à son arrivée devant un chien de garde, peint sur le mur de la maison avec l’inscription « Attention ! Chien mordeur ! ».

Plus tard, on retrouvera dans les ruines de Pompéi à la porte des villas romaines, l’inscription « Cave canem » (attention au chien !).

A l’époque d’Auguste, Grattius Faliscus dira l’engouement des Romains pour les gros chiens ; pour la garde et la ferme c’est le Canis villaticus. Les chiens de bergers sont les Canis pastoralis, les chiens de chasse les Canis venaticus. A tel point qu’il n’hésitera pas à écrire : «
 la patrie de mille chiens, détournés de leur fonction originelle, chacun la sienne ».

On les retrouve dans les jeux du cirque affrontant les gladiateurs, recrutés parmi les esclaves et les condamnés de droit commun, à Rome dés 264 avant notre ère.
Les « Andabates » qui combattent avec une épée courte étaient opposés aux chiens ou aux fauves. Les chiens doivent affronter le taureau, le lion, le taureau, l’ours, l’éléphant, etc.
Les meilleurs devaient s’affronter entre eux. Néron avait dans sa cohorte prétorienne des chiens géants qu’il opposa aux lions et aux ours.
Pour les exciter on leur donner un breuvage à base de riz et de roseaux.

Dans l’antiquité on trouve le Canis villaticus : un gros chien de garde et de ferme, le Canis pastoralis : un chien de berger rapide, le Canis venaticus : un chien de chasse.

Les descendants de ces chiens combattants seront le Mâtin de Naples et le Cane Corso.

Le Mastino Napoletano

 Dante nous décrira : «  le mastin agile à poursuivre les bandits ». Ariostre dira : « comme un mastin qui avec fureur s’excite sur le ladre… ». Le mastin ou mastinel viendrait du bas latin mansuetus (sous la main : domestiqué), de mastineria (ferme fortifiée), ou de massatinus (chien de ferme), ou bien encore de massivus (massif). Ce qui donnera sans doute mastiff en anglais et mâtin en français.


Photo : MASTINO NAPOLETANO! Joseph Ortega 
En 1400, un auteur va le décrire selon un portait qui rappelle d’autres auteurs comme Columelle : « il y a des Mâtins ayant la tête grande et grosse, dont le cou occupe la troisième partie de sa personne, grande et large gueule, les cils grands, les arcades poilues et frisées, les oreilles grandes et pendantes, les yeux rouges sont luisants et vivaces, les aboiements pénétrants et coléreux, poitrails larges et poilus ainsi que de larges épaules, le cou gros, les jointures des membres longues, les pieds et les ongles larges. ». 
En fait le Mâtin de Naples doit son existence actuelle aux espagnols qui au XVème siècle vont le sauver, grâce au règne des Bourbons d’Espagne sur le royaume des Deux-Siciles. Les croisements avec le Perro de Presa espagnol permirent de maintenir la race.
 Le professeur Tecce de l’école vétérinaire de Naples écrira en 1897 : « Il représente un arsenal de force qui le rend apte à la chasse la plus difficile et dangereuse ; il est très approprié à combattre les animaux féroces. Son expression est superbe et orgueilleuse et il se révèle très affectionné envers son maître… ». 
En 1949, la race était à nouveau tombée en désuétude, elle fût sauvée par Piero Scanziani, un éleveur passionné, sous l’affixe « Di Villanova ».
 Un chien qui bat les records de poids car il peut peser jusqu’à un quintal.

En 1400, un auteur va le décrire selon un portait qui rappelle d’autres auteurs comme Columelle : « il y a des Mâtins ayant la tête grande et grosse, dont le cou occupe la troisième partie de sa personne, grande et large gueule, les cils grands, les arcades poilues et frisées, les oreilles grandes et pendantes, les yeux rouges sont luisants et vivaces, les aboiements pénétrants et coléreux, poitrails larges et poilus ainsi que de larges épaules, le cou gros, les jointures des membres longues, les pieds et les ongles larges. ».

En fait le Mâtin de Naples doit son existence actuelle aux espagnols qui au XVème siècle vont le sauver, grâce au règne des Bourbons d’Espagne sur le royaume des Deux-Siciles. Les croisements avec le Perro de Presa espagnol permirent de maintenir la race.
 
Le professeur Tecce de l’école vétérinaire de Naples écrira en 1897 : « Il représente un arsenal de force qui le rend apte à la chasse la plus difficile et dangereuse ; il est très approprié à combattre les animaux féroces. Son expression est superbe et orgueilleuse et il se révèle très affectionné envers son maître… ».

En 1949, la race était à nouveau tombée en désuétude, elle fût sauvée par Piero Scanziani, un éleveur passionné, sous l’affixe « Di Villanova ».
 Un chien qui bat les records de poids car il peut peser jusqu’à un quintal.


Le Cane Corso

L’autre molosse italien, le Cane Corso est la version allégée. Son nom vient du latin « Cohors » (protecteur) ou « corso » (robuste coureur).
 
C’est plutôt un chien de chasse au gros gibier comme le sanglier ou l’ours, Erasmo di Valvason dans un poème écrit en 1591 loue la puissance de la prise sur la proie : « lorsqu’il l’a pris, desserrer les dents il ne sait ».
 
Un chien de garde-chasse équivalent du Mastiff anglais pour traquer les braconniers, un chien de ferme apte à la conduite des troupeaux, un gardien : « garde le domaine pendant la nuit, le protégeant des voleurs et des animaux comme les loups, les renards, les martres, etc. » (Dr Sandri Gia, 1826).

Longtemps ignoré dans son pays, le club de race est fondé en 1983 et le premier standard ne sera rédigé qu’en 1987, avec comme modèle un mâle noir nommé Basir. La race est reconnue par la société canine italienne l’INCI en 1994 et par la FCI trois ans plus tard. Une race récente qui arrive en France grâce à Daniel Lorrain en 1988.


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En France

Lors de la guerre des gaules, entre 58 et 50 avant notre ère, les Romains ont avec eux le fameux molosse d’Epire qui allait faire souche.
 
Il faut dire que les gaulois étaient surtout connus pour avoir un chien de courant spécialisé dans la chasse au lièvre, appelé Vertragus (pieds rapides), très réputé. Ils avaient également un autre chien courant, donnant de la voix, à poils hirsutes, qu’on nommait « Ségusien » (pourchasseur). En Italie on trouve toujours une race de chien courant le « Segusio Italiano ».

Des envahisseurs allaient introduire vers 406 une souche primitive du dogue asiatique, issue des régions entre l’Oural et le Caucase, ce peuple de conquérants, chassés par les Huns d’Asie Mineure, portaient le nom d’Allants, Alans ou Alains.
 
Ils franchissent le Rhin avec les Vandales et les Quades et avancent en Gaule en pillant tout sur leur passage. En 408 ils sont en Espagne dans les Pyrénées, ils fondent l’Andalousie avant de passer en Afrique du Nord ou de s’établir en 411 en Lusitanie (Portugal). Les Wisigoths prirent leur suite en Espagne.


En France le terme d’Alan est utilisé dès le XIIème siècle. Celui qui apporte le plus d’éléments sur les chiens du moyen-âge est sans doute Gaston Phoebus, Comte de Foix et Vicomte de Béarn, qui commence à rédiger son « Livre de la chasse » le 1er Mai 1387.

Pour lui, il y a l’Alan noble qui ressemble à un lévrier avec une tête plus grosse et des oreilles droites.
 
L’Alan vautre (en vénerie « vautré » signifie un animal poursuivi) plus lourd avec une grosse tête et de grandes oreilles pendantes, qui chasse le sanglier ou l’ours.

L’Alan de boucherie, puissant, les oreilles coupées, porteur d’un collier à clous : « vous pouvez les voir tous les jours dans les villes, car les bouchers les utilisent pour se faire aider à conduire le bétail acheté à la campagne(…) Ils ne nécessitent pas beaucoup de dépenses car ils se nourrissent avec les déchets de boucherie. Ils gardent la maison de leur maître (…) Ces mâtins ont pour mission, c’est dans leur nature, de garder le bétail et les maisons (…) Mais ce sont des animaux méchants avec une vilaine stature. ».

A noter qu’avant le XIVème siècle le boucher s’appelle « Maiselier » (abatteur, écorcheur), le mot boucher vient de bouc, du temps où en sacrifiait un bouc aux dieux.

Si le lévrier est un compagnon que l’on a partout avec soi, y compris dans le château ou en voyage, le mâtin vit à l’extérieur et on lui fait mener la vie dure, d’ailleurs l’Alan noble est également nommé Alan gentil (de race), alors que le mâtin est un mélange de plusieurs races (mâtiner).

Brunetto Latini écrira entre 1260 et 1266 en langue d’oil « Li livres dou tresor » où il décrit les mâtins capables d’affronter les loups ou les ours, et même les hommes. Il parlera du combat entre chiens pour «  l’honneur de leur maître ».

Chaucer qui a rédigé les Contes de Canterbury dira dans le « Conte du chevalier » :
«
 Autour de son char venaient de blancs Allains
Au nombre de vingt et plus, de la taille de jeunes bœufs
Pour chasser le lion et pour courir le cerf »

Au moyen-âge, durant les croisades, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, vont faire garder les remparts de la ville de Rhodes par des molosses, face à Mohamed II le conquérant.

En 1406, Fréville déclare dans un des ses récits que les anglais « 
appelèrent les français chiens dogues, une manière e les insulter ».

Charles IX avait dans ses meutes de chasse des dogues offerts par la reine Elisabeth d’Angleterre. En 1750 Buffon qui répertorie les races, désigne le dogue comme issu d’Angleterre.

Au 17 ème siècle et au 18 ème siècle des combats opposants des dogues à des taureaux sont organisés en France par la noblesse. En 1810, une femme soldat de Napoléon, Thérèse Figueur, lors de la guerre contre l’Espagne, va rassembler les meilleurs Dogues de la ville de Burgos pour les dresser comme chiens de patrouille, la plupart des régiments français en seront dotés.

En France, comme en Angleterre, des concours de chiens tueurs de rats ont lieu, le premier se serait déroulé à Boulogne-sur-Mer en 1869, l’année suivante ces épreuves se déroulent lors de l’exposition canine internationale aux Champs-Élysées. On y trouve des chiens anglais mais également notre Bouledogue national. Le dernier Ratodrome de Paris était situé à Neuilly-sur-Seine. Ces épreuves seront interdites le 6 juin 1890, elles continueront pourtant juqu’e dans les années 50, surtout dans le Nord.

 molosses chiens d'attelage



 
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